«Michael Jackson était un prédateur sans pitié» selon Dan Reed, réalisateur de «Leaving Neverland»

A l’époque des faits qu’ils relatent, James Safechuck avait 10 ans et Wade Robson 7 ans. A l’époque des faits qu’ils relatent, James Safechuck avait 10 ans et Wade Robson 7 ans.[capture Youtube]

Ce jeudi 21 mars à 21h M6 diffuse le documentaire choc «Leaving Neverland», dans lequel deux trentenaires racontent les agressions sexuelles que leur aurait fait subir Michael Jackson durant leur enfance. Pour le réalisateur Dan Reed, la culpabilté du roi de la pop ne fait aucun doute.

«Michael Jackson s’est toujours présenté comme un être innocent : un enfant dans le corps d’un homme. Il n’a jamais hésité à s’afficher publiquement en train d’enlacer des gamins, de leur faire des câlins», a expliqué le réalisateur dans une interview pour Télé Loisirs. «J’ai voulu que nous soyons très clairs dans notre propos et montrer qu’avec James et Wade, il ne s’agissait pas de câlins mais d’actes sexuels. Voilà pourquoi ils décrivent scrupuleusement les abus dont ils ont été victimes pendant des années».

Ce n’est pas la première fois que Michael Jackson fait l’objet d’accusations de pédophilie. En 1993, un adolescent de 13 ans avait porté plainte pour attouchements mais l'affaire s'était réglée à l'amiable contre 15 millions de dollars. La star avait ensuite été acquittée en 2005 pour des abus commis sur un autre mineur. Pour Dan Reed, il ne fait absolument aucun doute que Michael Jackson a abusé de petits garçons. Il a ainsi confié à Paris Match : «Les enquêteurs de la police et les procureurs savaient que c'était un pédophile, ils avaient toutes les preuves qu'il fallait. La société elle, a été complaisante en acceptant cette image de bébé Jésus complètement innocent que Michael Jackson se donnait. Il s'entourait d'enfants en faisant passer cela pour une normalité excentrique pour cacher ce qu'il faisait».

Les déclarations des victimes présumées laissent entrevoir une manipulation très élaborée

«Tout le monde parle de Michael Jackson, mais pour moi l'intérêt central c'était de faire un documentaire sur l'emprise psychologique, la séduction d'une famille et des enfants et les répercussions de tout ça dans la vie des victimes et de leurs proches vingt ans après», confie Dan Reed à Paris Match.

«Pour comprendre les mamans (qui ont laissé leurs garçons dormir avec Michael Jackson, ndlr), il suffit de regarder les fans. Les mamans sont des fans qui ont avalé le mythe de Michael Jackson qui se disait enfant dans le corps d'un adulte», déclare-t-il. «Ces mamans avaient un instinct protecteur envers lui. Ça faisait partie de la manipulation. Il gardait les pères à distance et les mères proches pour avoir accès aux enfants. C'était un manipulateur. Tout était calculé et sans pitié», insiste-t-il. Michael Jackson disait aux deux garçons que c’était de «l’amour» et qu’ils ne devaient en parler à personne sous peine d'aller en prison.

Le chanteur ira même jusqu'à «épouser» l’un d’eux lors d’une fausse cérémonie de mariage à Neverland. «Je suis persuadé que si les deux mamans avaient vu quelque chose de suspect, elles seraient immédiatement parties avec leurs enfants. Elles n'ont pas vendu leurs fils, mais elles ont été aveuglées par tout ce qu'était Jackson : son statut de star, son charme personnel, la manière dont il se présentait comme un enfant de 9 ans qui avait besoin d'une mère.»

Un mécanisme de déni classique chez les victimes de pédophilie

Les deux intervenants du film avaient précedemment témoigné en faveur de Michael Jackson, «mais le film montre bien le chemin qu’ils ont dû parcourir pour accepter les faits et sortir du silence» analyse Dan Reed. «Ils sont victimes d’un mécanisme classique de déni et ont dû faire un long cheminement psychologique avant d’en sortir (...) j’ai compris de manière très pratique et concrète comment on tombe amoureux de son propre prédateur et comment on finit par construire toute sa vie autour d’un mensonge.»

 

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