Vingt-deux ans après la disparition du petit Jonathan Coulom, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné jeudi le tueur en série allemand Martin Ney à la réclusion criminelle à perpétuité.
Après cinq heures de délibéré, les jurés ont reconnu jeudi coupable Martin Ney du meurtre de Jonathan Coulom, 10 ans, commis en 2004. Déjà condamné à perpétuité en Allemagne pour l’assassinat de trois enfants, l’homme de 55 ans a accueilli le verdict sans réaction apparente.
«Il s'agit là d’une décision qui intervient au terme d'une procédure qui a duré 22 années, que les services d'enquête de la gendarmerie nationale ont portée sans relâche, comme s’y sont particulièrement investis, tout au long de ces années, les très nombreux magistrats du siège, comme du parquet», a indiqué Antoine Leroy, procureur de la République.
Et d'ajouter : «Cette décision est le fruit d'une importante coopération judiciaire franco-allemande, qu’il convient de saluer ici ; enfin, relevons la très grande qualité des débats qui se sont tenus devant la cour d'assises de Nantes, chacune des parties à ce long procès de presque 3 semaines ayant tenu son rôle avec dignité, conviction et respect dans les échanges».
Condamné en 2012 pour trois meurtres d’enfants
Tout au long des douze jours d’audience, l’ancien éducateur originaire de Brême a continué de clamer son innocence, ses avocates plaidant jusqu’au bout son acquittement. Sur les bancs des parties civiles, l’émotion était vive au moment de l’annonce de la peine. «Enfin justice a été rendue pour notre fils. Il va pouvoir reposer en paix», a confié le beau-père de la victime. Me Catherine Salsac, avocate de la mère, a évoqué le «soulagement» de sa cliente, ajoutant : «on connaît enfin la vérité».
Originaire du Cher, Jonathan Coulom avait disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004, alors qu’il participait à une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins. Son corps, lesté d’un parpaing, avait été retrouvé 43 jours plus tard dans un étang situé à une trentaine de kilomètres.
Condamné en 2012 pour trois meurtres d’enfants commis entre 1992 et 2001, ainsi que pour plusieurs agressions sexuelles, Martin Ney voit aujourd’hui sa peine complétée par cette condamnation française. Celle-ci est assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans et d’une interdiction définitive du territoire. Elle sera «nécessairement prise en compte dans un éventuel aménagement de sa peine» en Allemagne.
Un dossier de 163 tomes
Malgré ses aveux dans les affaires allemandes, l’accusé a toujours nié toute implication dans la mort de Jonathan. Le dossier, composé de 163 tomes de procédures, ne contenait ni preuve matérielle ni ADN.
«J'ai dévoilé tout ce que j'avais à dévoiler, l'affaire Jonathan n'en fait pas partie», a-t-il déclaré durant le procès. Mais pour l’accusation, l’ensemble des éléments constitue un tableau accablant : «Le faisceau d'indices, c'est une preuve», a martelé l’avocate générale.
Pour les avocates des parties civiles, ces dénégations restent insupportables. Elles ont dénoncé un «outrage» à la mémoire de l’enfant, rappelant la souffrance persistante de ses proches.