Le Parti socialiste peut-il survivre ?

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, le soir de la défaite historique du PS aux législatives. Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, le soir de la défaite historique du PS aux législatives.[GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

A nouveau en grande difficulté au premier tour des législatives, après la présidentielle, l’avenir politique du Parti socialiste est plus qu’incertain.

La débâcle était annoncée, elle n’en a pas été moins douloureuse. Confronté à un nombre inédit de candidats balayés dès le premier tour des législatives, le parti socialiste semble désormais remis en question dans son existence même.

Selon les dernières projections, la gauche traditionnelle, qui occupait près de 300 sièges au sein de l’assemblée sortante, n’en aurait plus qu’entre 20 et 30 pour la nouvelle législature. Après le résultat historiquement bas de Benoît Hamon lors de la présidentielle (6,3 % des voix), qui avait déjà laissé le parti groggy, le PS semble ainsi pris dans une irrémédiable spirale de l’échec.

Une humiliation électorale

Le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a lui-même reconnu «un recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du parti socialiste». Et, de fait, la vague n’a épargné personne.

Des députés réélus sans discontinuer depuis des décennies, comme Gérard Bapt ou Elisabeth Guigou, aux nouveaux visages du parti, comme Matthias Fekl, beaucoup ont été éliminés dès le premier tour. Certains départements historiquement socialistes, tels la Haute-Garonne ou bien l’Hérault, ont perdu l’ensemble de leurs sièges.

Une hécatombe que plusieurs cadres attribuent au président sortant. «Dans cette soirée de berezina pour la gauche, un grand merci à François Hollande et Manuel Valls», a ainsi ironiquement tweeté le candidat malheureux François Lamy, proche de Martine Aubry.

Mais l’abandon de certaines mesures de gauche par l’exécutif sortant ne saurait à lui seul expliquer le phénomène, dans la mesure où de nombreux frondeurs, opposés au président durant le quinquennat, ont eux aussi échoué à se hisser au second tour, à l’instar d’Aurélie Filippetti.

Benoît Hamon lui-même, porteur d’un discours résolument social et candidat PS désigné par la primaire à la présidentielle, ne s’est pas qualifié, manquant la deuxième place pour 165 voix.

Reconstruire, mourir, ou les deux

Face à cet échec, le parti s’accorde sur la nécessité d’une refondation profonde. Mais les modalités de cette reprise en main font déjà débat. Pour l’ex-ministre Thierry Mandon, interrogé hier sur RTL, «il faut commencer à se poser, à réfléchir collectivement, et surtout à ne pas recommencer des stratégies individuelles pour se différencier».

Une précaution qui peut sonner comme une pique à l’égard de Benoît Hamon, qui prévoit de lancer le 1er juillet un nouveau mouvement. Car, pour lui comme pour d’autres, c’est en dehors du parti que se jouera l’avenir. «Peu importe le PS», a assuré Aurélie Filippetti dimanche, invitant à «construire autre chose». 

Une option aussi envisagée par Anne Hidalgo et Christiane Taubira, qui avaient annoncé dès les résultats de la présidentielle la création d’un mouvement «humaniste», «Dès demain». Et demain est déjà là. 

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