Les avancées de l'enquête sur l'attentat raté des Champs-Elysées

Des policiers recouvrent le corps d'un assaillant, après un attentat avorté sur les Champs-Élysées, le 19 juin 2017 à Paris [Thomas SAMSON / AFP] Des policiers recouvrent le corps d'un assaillant, après un attentat avorté sur les Champs-Élysées, le 19 juin 2017 à Paris [Thomas SAMSON / AFP]

L'assaillant mort lundi dans un attentat raté sur les Champs-Élysées était fiché pour radicalisation, autorisé à détenir des armes et convoqué par les renseignements.

François Molins a donné des précisions sur l'enquête «suite aux faits survenus aux Champs-Élysées le 19 juin dernier». 9.000 munitions, huit chargeurs et deux bonbonnes de gaz de 13kg pleine ainsi qu'une besace calcinée qui contenait de très nombreux projectiles ressemblant à des ogives ont été retrouvés dans le véhicule d'Adam Djaziri, 31 ans. Cet impressionnant stock d'armes et celui retrouvé à son domicile témoignent de la «préparation indiscutable d'une action violente» selon le procureur de Paris.

Grâce aux images de vidéosurveillance, les enquêteurs ont relevé qu'Adam Djaziri avait erré à bord de son véhicule pendant une heure dans Paris avant de croiser des fourgons de police à la hauteur des Champs-Elysées. Il a alors fait demi-tour pour foncer dans un fourgon. Les enquêteurs se demandent notamment s'il cherchait «à faire exploser son véhicule selon un mode opératoire qui reste à déterminer» et qui n'a pas fonctionné. François Molins a évoqué une tentative faite dans la précipitation.

Par ailleurs, l'assaillant avait voulu rejoindre la Syrie. Il avait effectué plusieurs voyages en Turquie sous prétexte de son activité profesionnelle, et avait été contrôlé à ce moment par les autorités françaises. Il avait obtenu l'autorisation de détenir des armes avant d'être fiché S. Le procureur de Paris a également détaillé le contenu de sa lettre, adressée à plusieurs proches le jour de l'attentat.

Quatre membres de la famille d'Adam Djaziri ont par ailleurs été relâchés mercredi en fin d'après-midi après deux jours de garde à vue, sans être poursuivis. Son père, son ex-épouse, son frère et sa belle-sœur avaient été interpellés lundi soir dans le pavillon de banlieue de Plessis-Pâté (Essonne) où la famille vit depuis 28 ans.

Le procureur de la République François Molins, lors d'une conférence de presse le 21 avril 2017, le lendemain de l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique qui a tué un policier  [CHRISTOPHE ARCHAMBAULT  / AFP]
Le procureur de la République François Molins, lors d'une conférence de presse le 21 avril 2017, le lendemain de l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique qui a tué un policier. [CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP]

«Raisons de santé»

Adam Djaziri disposait d'une autorisation de détention d'armes de catégorie B depuis 2012 car il pratiquait le tir sportif. Dans la lettre retrouvée par les enquêteurs et destinée à son beau-frère, le suspect affirme avoir joué «double jeu» en constituant un arsenal dans le cadre de son activité de tir sportif en vue de commettre un attentat.

Les enquêteurs devront notamment déterminer comment Adam Djaziri a pu dissimuler ses intentions et obtenir le renouvellement de son permis de détention d'armes tout en étant connu des services de renseignement.

Les attaques terroristes contre policiers et militaires en 2017 [Thomas SAINT-CRICQ / AFP]
 

Fiché S (pour Sûreté de l’État) depuis 2015 pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale, il avait obtenu le renouvellement de cette autorisation de détention d'armes en février 2017. En mai, il ne s'était pas rendu à deux convocations de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), invoquant «des raisons de santé», selon une source proche du dossier.

Une nouvelle convocation avait été envoyée à Adam Djaziri mais il était passé à l'acte juste avant. L'homme, jamais condamné, avait effectué plusieurs voyages en Turquie au premier semestre 2016 et avait été repéré pour sa radicalisation. Ce père de deux enfants affirmait faire du négoce de bijoux pour justifier ces déplacements dans ce pays connu pour être une voie d'accès des jihadistes européens vers la Syrie.

Adam Djaziri avait fait auparavant l'objet d'une fiche de recherche Interpol (aujourd'hui inactive) à la demande de la Tunisie pour des faits datant de 2013, ont expliqué des sources proches du dossier, affirmant toutefois qu'il n'avait pas été visé par un mandat d'arrêt international. Il avait été «repéré dans un appartement où il y avait des armes et des gens proches de la mouvance jihadiste», selon une de ces sources.

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