Les parents d'Alexia Daval se sentent «trahis» par leur gendre Jonathann

C’est pour honorer la mémoire de leur fille que les parents d'Alexia Daval s’expriment aujourd’hui, quatre mois après son meurtre et un mois après l’arrestation de leur gendre. C’est pour honorer la mémoire de leur fille que les parents d'Alexia Daval s’expriment aujourd’hui, quatre mois après son meurtre et un mois après l’arrestation de leur gendre. [SEBASTIEN BOZON / AFP]

Les parents d’Alexia Daval se sont exprimés dans un long entretien accordé à l’Est Républicain. Se sentant «trahis» par leur gendre Jonathann, ils dénoncent également «les horreurs et les aberrations» avancées par la défense du meurtrier présumé de leur fille.

Alors que l'audition de Jonathann Daval, prévue ce jeudi, a été reportée en raison des intempéries, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot sortent du silence pour donner leur version du caractère prétendument «dominant» de leur fille, Alexia Daval, retrouvée morte dans un bois d'Esmoulins, en Haute-Saône, en octobre dernier.

Pour Me Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval, la jeune femme de 29 ans pouvait avoir des accès de violences, et son mari, en «tentant de la maîtriser» lors d’une «crise de trop», l’aurait étranglée «par accident». Une thèse à laquelle les parents de la victime ne croient pas une seconde.

C’est pour remettre les choses à l’endroit et honorer la mémoire de leur fille qu’ils s’expriment aujourd’hui, quatre mois après le meurtre de leur fille et un mois après l’arrestation de leur gendre, ce grand timide éploré qu’ils pensaient au-dessus de tout soupçon. Dans les colonnes de l’Est Républicain ce jeudi, les parents affirment vouloir «démentir toutes les horreurs et les aberrations que l’on a pu entendre dans la bouche de l’avocat de Jonathann».

«On ne tiendra pas deux ans comme ça»

«On ne voudrait pas qu’Alexia soit salie, traînée dans la boue, explique Jean-Pierre Fouillot. Ça nous hante et ça nous fait souffrir, on ne tiendra pas deux ans comme ça. Alexia était une nana je ne vais pas dire exceptionnelle, je suis son père, mais c’était une fille épatante, souriante, joyeuse, qui passait bien avec tout le monde. Très à l’aise et en même temps respectueuse des autres.»

Au sujet des supposés «accès de violence très importants» de leur fille, avancés par la défense, les parents sont scandalisés. «C’est aberrant ! Je ne l’ai jamais vue en colère, ni avoir un quelconque accès de violence sur qui que ce soit, affirme sa mère Isabelle. Jonathann et Alexia ont vécu un an chez nous, le temps de trouver une maison. Jamais nous ne les avons vus se disputer.»

« Pas même un éclat de voix, renchérit le papa. Notre fille n’était ni autoritaire, encore moins violente. C’est vrai qu’elle savait prendre des décisions, comme avec la maison, mais je ne les ai jamais vus se disputer. Le drame est arrivé, alors, après, on peut dire n’importe quoi. Des choses invraisemblables vont être dites, on le sait mais on sait aussi que les collègues et amis d’Alexia témoigneront et diront qui elle était vraiment.»

«Il m'appelait maman...»

Quant à Jonathann, il faisait partie de la famille, comme le racontent ces parents meurtris. «Il était comme un fils. On lui a ouvert les bras, il était de la famille. Combien de fois nous a-t-il dit : ‘Vous êtes ma famille’ ?», explique Jean-Pierre Fouillot.

Et Jonathann Daval, en gendre idéal, n’a pas manqué de répondre à toutes les invitations de ses beaux-parents, y compris après le drame. «Les trois mois qui ont suivi la mort d’Alexia, il m’appelait maman… Il était tous les jours chez nous. On a fait Noël ensemble. Jonathann acceptait toutes les invitations. On l’a porté, les images parlent d’elles-mêmes… On se demande aujourd’hui s’il a été sincère avec nous, durant toutes ces années», explique Isabelle Fouillot.

Les parents d’Alexia racontent ensuite à quel point il était impensable, pour eux, d’imaginer leur gendre à l’origine d’un tel drame. «Pour nous, c’était impossible. On croyait à son innocence à 500 %. À aucun moment, nous n’avons douté», assure le père d’Alexia, appuyé par sa femme qui ajoute : «On n’a pas compris son placement en garde à vue. Tant qu’il n’avait pas avoué, on se disait qu’il n’avait rien à voir avec l’affaire. Ce n’était pas possible, vu son comportement et toutes les marques d’affection qu’il nous témoignait».

«Sous le choc», les parents d’Alexia Daval confient à l’Est Républicain qu’ils ont encore du mal à réaliser, et se demandent si Jonathann n’avait pas un complice. «Le dossier est encore très incomplet, on n’est peut-être pas au bout de nos surprises. On se demande ce qui va encore nous tomber dessus», lance Isabelle Fouillot.

«Se venger de quoi ?»

A la question, «avez-vous un désir de vengeance ?», le couple est là encore unanime : «Se venger de quoi ? Il doit suffisamment souffrir comme ça, ce n’est pas la peine d’en rajouter. C’est sûr, on a été trahis. Mais ce qui nous bousille avant tout, c’est le chagrin», explique Jean-Pierre Fouillot.

«On ne fait que ça, pleurer… , renchérit Isabelle. On subit. La haine ? On en est incapable. Elle viendra peut-être plus tard, on ne sait pas… La vie ne fait pas de cadeau, on se demande pourquoi c’est tombé sur nous. Je me sens détruite, ma vie est brisée, j’ai l’impression d’être au fond d’un abîme duquel je ne remonterai pas. En fait, je n’ai plus de vie». Si le père d’Alexia aimerait voir Jonathann Daval pour discuter en tête-à-tête avec lui, Isabelle Fouillot, elle, n’en a aucune envie.

Le papa de la victime est également convaincu que le meurtre de sa fille n’est pas un accident, comme l’a avancé la défense : «Ça, ce n’est pas possible ! Quand on étrangle quelqu’un, à un moment, on s’arrête si on ne veut pas la mort de l’autre». Sa femme est elle aussi catégorique : «L’autopsie révèle de nombreuses traces de violences. Je pense que Me Schwerdorffer n’a pas lu le dossier. Il paraît qu’un avocat peut tout dire. Moi, ça me choque».

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