Tout ce que l'on a appris au sujet d'Alexandre Benalla

Avant qu'il ne soit pointé du doigt pour avoir frappé un manifestant le 1er mai, peu de Français connaissaient l'existence d'Alexandre Benalla, 26 ans collaborateur d'Emmanuel Macron.

Le voici désormais sous le feu des projecteurs, au cœur d'une intense enquête, devenue affaire d'Etat en quelques jours. Pour rappel, Alexandre Benalla a été mis en examen après que le Monde ne révèle une vidéo où il est filmé en train d'agresser un manifestant à Paris le 1er mai dernier.

Des Origines normandes

Originaire du quartier de la Madeleine, à Evreux, dans l'Eure, Alexandre Benalla n'a pourtant pas toujours été caractérisé par son tempérament sanguin ou son impulsivité.

Dans sa Normandie natale, notamment au lycée Augustin-Fresnel de Bernay (Eure), où il a effectué sa scolarité, on évoque un «gamin gentil, poli et reconnaissant», «pas très costaud» et passionné de rugby, rapporte l'Eveil Normand

Adhérent au Mouvement des jeunes socialistes, l'ancien leader de la Fédération socialiste du département, Marc-Antoine Jamet, qui l'a connu à l'époque, se souvient d'un jeune homme «pondéré et calme, pas un énervé», selon des propres receuillis par Paris Normandie.

Ses débuts au parti socialiste 

C'est en 2010, qu'il a commencé à collaborer avec des personnalités issues du monde politique et dont il avait en charge la sécurité. Benalla assure d'abord la protection de Martine Aubry, puis rejoint le service d'ordre de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012.

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©Jean-François MONIER / AFP

Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, l'embauche en tant que chauffeur avant de rapidement le congédier «au bout d'une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite», explique l'ancien ministre au Monde.

«Rambo» en campagne

Après avoir étudié une semaine à l'Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), et un passage à Casablanca dans une société de sécurité, il intègre en 2016, l'équipe d'Emmanuel Macron. Il devient «l'épaule» du candidat, son plus proche garde du corps. Plusieurs journalistes se sont plaints de son comportement «musclé» et au siège de campagne En marche, on le surnomme «Rambo».

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©Benjamin CREMEL / AFP

Pendant la campagne, il demande à ce que les membres de la sécurité du futur président de la République soient armés de pistolets à balles en caoutchouc, un flash-ball et des boucliers anti-émeutes. Demande refusée.

D'autres anecdotes autour de sa personnalité interpellent. Comme celle-ci racontée par Midi Libre en avril 2017. «Notre directeur de la sécurité, Alexandre Benalla, avait imaginé un dispositif, avait alors expliqué Ludovic Chaker, coordinateur des opérations de campagne du parti. Une trappe avait été sciée. En cas de tir, le pupitre devait basculer et Emmanuel Macron se retrouver dans la partie creuse de la scène où avait été placés un kit de secours et un gilet pare-balles». 

Plus récemment, Le Parisien a annoncé qu'Alexandre Benalla cachait, lors de ses missions de protection d'Emmanuel Macron, une arme dans son scooter, alors qu'il ne disposait pas encore de l'autorisation nécessaire. Un permis qu'il aurait, depuis, obtenu, sur demande express de l'Elysée. 

«L'Epaule» d'Emmanuel Macron

Après l'ascension d'Emmanuel Macron jusqu'à l'Elysée, le jeune homme a obtenu un logement de fonction : un appartement situé Quai de Branly, dans une résidence de la République. Des travaux d'agrandissement estimés à 180 000 euros étaient d'ailleurs prévus. Le Parisien révèle également que l'expert en sécurité recevait un traitement mensuel autour des 10 000 euros. 

Le «Monsieur Sécurité» du chef de l'Etat avait également la particularité d'avoir été nommé lieutenant-colonel de la gendarmerie nationale. Un grade très élevé qui en étonne plus d'un, étant donné qu'il n'est presque jamais attribué avant 40 ans. La gendarmerie s'est justifie en indiquant lui «conféré au titre de son niveau d'expertise».

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©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Gendarme réserviste, évoluant notamment sous les ordres de l'actuel Secrétaire d'Etat, Sébastien Lecornu, il n'avait pas été mobilisé depuis 2015. «En 2017, il a été radié à sa demande de la réserve opérationnelle, et a été intégré comme spécialiste expert pour apporter un éclairage sur la fonction protection», a expliqué la gendarmerie. 

Nommé «chargé de mission» en matière de sécurité, en tant qu'adjoint au chef de cabinet du président, Alexandre Benalla accompagnait fréquemment le chef de l'Etat dans ses déplacements, officiels ou privés.

L'explosion de l'affaire a également empêché le jeune homme de 26 ans de célébrer son mariage prévu le 21 juillet dernier. 

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