L'ENA au bord de la faillite ?

Le déficit serait notamment dû à l'élargissement de ses missions qui n'a pas été suffisamment compensé par l'Etat. Le déficit serait notamment dû à l'élargissement de ses missions qui n'a pas été suffisamment compensé par l'Etat. [© PATRICK HERTZOG / AFP]

«Si rien ne change, l'école fera banqueroute d'ici quatre ans.» C'est ce qu'a affirmé dimanche Le Parisien à propos de l'Ecole nationale d'administration (ENA), qui a affiché 2,8 millions d'euros de déficit l'an dernier, sur un budget total de 40,8 millions d'euros.

Un trou financier qui serait notamment dû à l'élargissement de ses missions qui n'a pas été suffisamment compensé par l'Etat, selon le quotidien, lequel s'est procuré les documents comptables de l'école via le think tank libéral iFRAP.

Et le bilan n'est pas glorieux, d'après ces révélations. Ainsi, la subvention de l'Etat (31,1 millions d'euros) n'est que légèrement supérieure aux dépenses de personnel (30,9 millions), laquelle inclut la rémunération des élèves (9,2 millions), payés 1.682 euros brut par mois pendant leurs deux ans de scolarité. Les autres recettes, dont 3,4 millions d'euros de recettes propres, ne suffisent pas à équilibrer les comptes.

Des difficultés, mais «pas de dettes»

L'école n'est cependant «pas responsable de tout», souligne Le Parisien, puisqu'elle a dû absorber en 2002 l'Institut international d'administration publique, puis en 2005 le Centre d'études européennes de Strasbourg. «L'Etat lui a imposé de grossir sans vraiment revaloriser la subvention qu'il lui verse», analyse le journal. L'ENA a en outre des créances impayées de plusieurs institutions publiques françaises, pour qui elle a organisé des formations, mais aussi d'Etats étrangers – le Koweït lui doit ainsi 569.700 euros.

Interrogé par le quotidien, le secrétaire général de l'ENA, Thierry Rogelet, reconnaît que l'école est «en difficulté financière», mais souligne qu'elle n'a «pas de dettes». Il table sur un déficit de 1,4 million d'euros cette année, puis 400.000 l'an prochain, avant «un retour dans le vert, à +500.000 euros», en 2020. Pour y parvenir, l'établissement a supprimé 38 postes ces dernières années, plus quatre autres cette année, a détaillé Thierry Rogelet.

Face à ce déficit, le ministère de l'Action et des Comptes publics a fait savoir qu'un plan de retour à l'équilibre avait été présenté au conseil d'administration de l'ENA le 10 octobre. A savoir des mesures qui portent notamment «sur la diminution des coûts de fonctionnement de l'école, une modernisation des modalités d'accès à l'école, un recentrage de la formation continue et de l'action internationale, ainsi que sur la dimension immobilière». Tout un programme pour une école qui, selon le ministère, «doit plus qu'aucune autre être exemplaire».

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