Place à la nouvelle équipe gouvernementale

Avec ce grand chambardement, l’Elysée espère donner une nouvelle impulsion à un quinquennat en perte de vitesse. Avec ce grand chambardement, l’Elysée espère donner une nouvelle impulsion à un quinquennat en perte de vitesse. [© Christophe Ena-pool/SIPA]

Le président a procédé à une large refonte du gouvernement, pour donner un second souffle à son quinquennat.

L’attente aura été longue. Après deux semaines de tractations, l’Elysée a enfin dévoilé, ce mardi, le casting qui sera à la manœuvre pour la suite du quinquennat. Et, comme pressenti, c’est un remaniement de grande ampleur pour lequel Emmanuel ­Macron et Edouard Philippe ont opté.

Au total, huit nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, quatre autres en ont été évincés, sans compter ceux qui ont changé de portefeuille ou dont les missions ont été modifiées. C’est donc une équipe au complet, élargie mais toujours paritaire (34 membres, dont 17 femmes), qui devrait participer mercredi au Conseil des ministres.

Un exercice d’équilibriste

Le choix du ministre de l’Intérieur a été au cœur des discussions du couple exécutif, pris de court par le départ précipité de Gérard Collomb, il y a quinze jours. Alors que les spéculations autour de son successeur sont allées bon train, c’est ­finalement Christophe Castaner, fidèle de la première heure du président, et jusqu’ici patron de LREM, qui va s’installer place Beauvau. Et ce, avec la promesse d’y déployer une énergie «sans repos, sans perte de temps», selon lui.

Un poste phare qu’il convoitait, mais à risque. Le ministre, peu familier de cet univers, devra en effet gagner le respect des forces de l’ordre, mais aussi défendre publiquement des choix sensibles, comme la politique migratoire – le tout sur fond de menace terroriste.

Au-delà de l’Intérieur, la nouvelle équipe se veut représentative. Elle inclut ainsi des personnalités de gauche comme de droite, et aussi bien des piliers politiques que des membres de la société civile. «Le président veut renouer avec les origines du quinquennat, avec l’idée d’un grand gouvernement de coalition, hors des ­logiques de parti», relève le politologue Philippe Moreau-Chevrolet.

Rejoignent ainsi le gouvernement un ex-LR, un ancien du PS et un ténor du Modem, mais aussi une directrice de Danone, une responsable de la Compagnie des Alpes, ou encore le patron de la DGSI. «On ne recherche pas le spectaculaire, on cherche les meilleurs», affirme-t-on à Matignon.

En quête d'un rebond

Avec ce grand chambardement, l’Elysée espère donner une nouvelle impulsion au quinquennat, en perte de vitesse après une rentrée polluée par l’affaire Benalla et la défection surprise de Nicolas Hulot, ce qui a entraîné une chute de popularité du ­président.

Mais cela, sans pour autant faire table rase du passé. «Ni technique ni ­politique, c’est d’abord un remaniement de crise, pour garder le contrôle. Et qui s’inscrit finalement dans la continuité», ajoute Philippe Moreau-Chevrolet. Comme l’a ainsi confirmé, mardi, le Premier ministre, l’exécutif va «per­sévérer» sans «changer de cap», misant sur les effets à long terme de ses ­réformes. Un pari pour l’avenir, à l’approche des européennes.

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