Un médicament contre la calvitie provoquerait de graves effets indésirables irréversibles

Le médicament serait à l’origine de troubles sexuels et psychiatriques.[STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Trois hommes, victimes de graves effets indésirables irréversibles après la prise de Propecia, un médicament contre la calvitie, vont saisir la justice contre MSD, le laboratoire qui commercialise ce traitement.

Indiqué dans le traitement de la chute de cheveux chez les hommes, ce médicament à base de finastéride serait à l’origine de troubles sexuels (baisse de la libido, dysfonction érectile, troubles de l’éjaculation) mais également psychiatriques (anxiété, troubles de l’humeur, dépression) pouvant aller jusqu’aux pensées suicidaires. De graves effets indésirables qui se poursuivraient même après l’arrêt des traitements, selon l’avocat des victimes, Me Charles-Joseph Oudin.

Des effets indésirables connus

Ce dernier va ainsi lancer une procédure en urgence devant le tribunal de grande instance de Nanterre afin d’obtenir des indemnisations. «Nous considérons que le laboratoire MSD, et les autorités de santé, ont tardé à informer les patients, mais aussi les médecins, des effets indésirables et notamment de leur caractère irréversible. Et c’est que ce nous démontrerons devant le juge» afin d’obtenir ces indemnisations, explique-t-il par ailleurs à Europe 1.

Le médicament bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché européenne. Selon la radio, dès 2012, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait publié une mise en garde sur les troubles sexuels. Et en 2017, elle avait publié une nouvelle mise en garde portant sur les troubles psychiatriques. Des effets indésirables qui sont inscrits sur la notice.

Et dans une note adressée aux professionnels de santé le 1er février dernier, le laboratoire MSD, en accord avec l’ANSM, rappelait les effets indésirables pouvant être provoqués par ledit traitement. «Les patients doivent être informés du risque de survenue de ces troubles», soulignait MSD dans cette note.

A l’origine, le finastéride est prescrit pour traiter une «hypertrophie bénigne de la prostate». A plus faible dose, il permet de traiter la calvitie. Il serait ainsi prescrit à environ 30.000 hommes chaque année.

Selon l’avocat Charles-Joseph Oudin, outre les trois victimes pour lesquelles il va lancer une action judiciaire, une soixantaine de patients ont contacté son cabinet.

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