Notre-Dame de Paris vue par le cinéma

Vue de la cathédrale dans The Hunchback of Notre-Dame (1923), de Wallace Worstley. Vue de la cathédrale dans The Hunchback of Notre-Dame (1923), de Wallace Worstley. [© capture Youtube]

Le septième art au service du premier. Mondialement renommée pour son architecture, Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie lundi soir, est aussi devenue célèbre grâce à ses multiples apparitions au cinéma.

Si elle a parfois servi d'arrière-plan romantique aux escapades amoureuses d'expatriés d'outre-Atlantique tels que Gene Kelly ou Cary Grant, la cathédrale a d'abord été le décor de nombreuses adaptations sur grand écran du roman éponyme de Victor Hugo (1831). Du premier court-métrage muet d'Alice Guy-Blaché, intitulé Esmeralda et sorti en 1905, au projet annoncé par Netflix, en 2018, de réaliser une nouvelle version de Notre-Dame de Paris, avec Idris Elba en Quasimodo, en passant par des dessins animés, une dizaine de films ont pour protagoniste le célèbre monument.

Après trois autres adaptations française, américaine et britannique (1911, 1917 et 1922), le premier vrai succès, signé Wallace Worstley, date de 1923. Financé par les studios américains Universal, The Hunchback of Notre-Dame («Le Bossu de Notre-Dame») met à l'honneur, cette fois, un Quasimodo interprété par «l'homme aux mille visages» Lon Chaney, méconnaissable sous le maquillage et les prothèses. Ambitieux (2.000 figurants, 10 hectares de décors...), le film est resté comme l'un des précurseurs des films d'horreur qui deviendront la spécialité d'Universal. A noter que la vraie cathédrale n'apparaît jamais à l'écran, seulement les décors imposants censés reproduire les niveaux inférieurs de l'édifice et les rues de Paris de Louis XI.

S'ensuit, en 1939, Quasimodo, une version du réalisateur allemand William Dieterle, avec Maureen O'Hara dans son premier grand rôle et Charles Laughton en Quasimodo. Malgré un succès moindre, le studio américain RKO fait mieux que l'adaptation de 1923, en créant sur son terrain de Los Angeles un Paris en «carton-pâte» encore plus colossal.

Vient alors l'adaptation de 1956, la plus connue des Français, avec Gina Lollobrigida dans le rôle d'Esmeralda et Anthony Quinn dans celui de Quasimodo. Réalisé par Jean Delannoy, le long-métrage Notre-Dame de Paris a été tourné dans des studios de Boulogne, où ont été reproduits les décors de la cathédrale. Il s'agit de la première version en couleurs et en cinémascope.

En 1996, le genre du dessin animé s'empare du roman de Victor Hugo : les studios Walt Disney signent Le bossu de Notre-Dame, où la cathédrale est au cœur de l'action tout au long du film. Il s'agit de la neuvième adaptation à l'écran, et le premier long-métrage Disney à ne pas avoir intégralement tourné aux Etats-Unis : des studios de Montreuil ont apporté leur pierre à l'édifice. Une version qui n'a pas plu aux descendants de Victor Hugo, estimant que Disney avait récupéré l'œuvre à des fins purement commerciales, sans jamais citer l'écrivain ni le roman.

Mais la cathédrale n'a pas seulement été le théâtre des adaptations du roman signé Hugo. C'est en effet devant sa façade ou sous ses gargouilles que Gene Kelly et Leslie Caron dansent dans Un Américain à Paris (1951), de Vincente Minnelli, que Cary Grant et Audrey Hepburn se cherchent dans Charade (1963), de Stanley Donen, que Jesse et Céline retrouve leur complicité d'antan dans Before Sunset (2005), de Richard Linklater, ou encore que Rémy et Linguini passent un marché dans Ratatouille (2007), de Brad Bird.

Sans compter, plus récemment, le long-métrage de Woody Allen Midnight in Paris, dans lequel Owen Wilson et Marion Cotillard badinent à l'ombre de Notre-Dame.

Ou encore le film The Walk (2015), de Robert Zemeckis, avec Joseph Gordon-Levitt, qui raconte les exploits du funambule français Philippe Petit, et notamment sa traversée (illégale), en 1971, des deux tours de la cathédrale de Notre-Dame.

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