Que contient la charte de bonne conduite signée par les opérateurs de trottinettes électriques ?

Alors que l'usage de la trottinette électrique est en train d'exploser dans la capitale, les opérateurs ont signé «une charte de bonne conduite», ce lundi 13 mai, à la mairie de Paris.

Un document – qui existe déjà dans une autre version à destination des scooters électriques tels que Cityscoot ou Coup – désormais spécifiquement dédié aux onze opérateurs de trottinettes électriques en free-floating présents sur le territoire parisien.

Selon la mairie de Paris, «environ 15.000 trottinettes sont actuellement dispersées» dans la capitale. Un chiffre qui pourrait très bientôt grimper à «40.000», a fait savoir Michel Felkay, le directeur de la future police municipale de Paris.

En signant cette «charte de bonne conduite», à quoi vont s'engager les opérateurs? Quelles règles seront-ils tenus de respecter ?

L'instauration d'une redevance

Annoncée depuis fin mars, la mise en place d'une redevance fait partie d'un plan officiel de la mairie de Paris, qui espère ainsi limiter le déploiement de trottinettes électriques – aujourd'hui anarchique – dans les rues de Paris.

Proportionnelle au nombre de trottinettes déployées, celle-ci sera évolutive pour chaque opérateur en fonction de leur flotte. Par exemple, pour 1.000 trottinettes, un opérateur devra payer 60.000 euros par an (soit 60 euros par engin), mais devra payer 325.000 euros pour 5.000 trottinettes (soit 65 euros par engin).

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des places dédiées à respecter

Au-delà de leur nombre, ce qui pose le plus de problème est surtout leur stationnement. Comme le principe du free-floating est d'emprunter et déposer les trottinettes, où l'on veut, certains n'ont aucun scrupule à les laisser en plein milieu du passage, rendant ainsi périlleux le parcours du piéton lambda, et très dangereux celui d'une personne en fauteuil roulant ou munie d'une poussette...

«Un tel comportement est inadmissible pour les personnes mal voyantes», avait très récemment regretté Michel Felkay. Pour contrer ce problème, la municipalité parisienne a donc annoncé la création de 2.500 places de stationnement – d'ici à fin 2019 – réservées à ces trottinettes, par groupe de 10/15 places à des endroits bien définis où la place le permet.

DES USAGERS À ÉDUQUER

«Les trottinettes n'ont pas leur place sur les trottoirs, pas plus pour circuler que pour stationner. Les opérateurs doivent veiller à la sécurité des piétons», avait déclaré Christophe Najdovski, l'adjoint à la mairie de Paris en charge des transports, regrettant que la loi d'orientation sur les mobilités, en attente d'être votée à l'Assemblée nationale, «ait pris du retard».

Plus question donc pour les usagers de ces deux-roues motorisés de rouler sur les trottoirs ou de garer sa trottinette en plein milieu du passage, sous peine d'être verbalisés. Dans un cas, l'amende s'élève à 135 euros, et dans l'autre, elle avoisine les 35 euros, sans compter les éventuels frais de garde enc as d'enlèvement à la fourrière.

Le bon état des engins vérifié

La charte contient également un volet sur l'état général des trottinettes électriques, qui devront être conformes aux normes françaises et européennes de référence en matière d'équipements et de sécurité des trottinettes.

Par ailleurs, elle stipule que chaque nouvel utilisateur devra présenter une preuve de sa majorité. Les enfants ne pourront donc plus emprunter les trottinettes de free-floating, disponibles dans les rues parisiennes. 

L'appli «Dans Ma rue» associée à la charte

Dès à présent, l'application «Dans ma rue» a été développée afin d'intégrer le problème du stationnement gênant des trottinettes électriques sur la chaussée. Dès lors, un agent de la ville sera directement prévenu et pourra intervenir au plus vite.

Pour ce faire, il faut télécharger l'application, prendre une photo de la ou des trottinette(s) mal garées et sélectionner l'onglet «Autos, motos, vélos...» puis, «deux-roues motorisé en stationnement gênant».

UNE FUTURE POLICE MUNICIPALE À L'ÉCOUTE

C'est une grande nouveauté qui pourrait bientôt être mise en place à Paris, en même que l'instauration officielle d'une police municipale parisienne : «dès la fin du mois de juin, les agents de la police municipale seront dotés d'un numéro de téléphone, sur lequel ils pourront être joints tout de suite», a ainsi annoncé Michel Felkay, le directeur de cette future police.

Pour lui, à l'instar de l'application «Dans ma rue», les agents pourront alors directement intervenir sur le terrain, au plus vite, afin de répondre immédiatement aux sollicitations des Parisiens. «Nous ne sommes pas en guerre contre les trottinettes, mais nous demandons un peu de civilité aux opérateurs», a-t-il fait savoir.

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