Un «die in» ce samedi 6 juillet à Paris pour dénoncer les féminicides

Une parole libérée, encore faut-il qu'elle soit écoutée. Derrière un unique slogan «Protégeons-les», militants et proches de victimes appellent au rassemblement ce samedi 6 juillet à Paris pour dénoncer le manque de prévention et l'inaction des pouvoirs publics face aux féminicides.

Depuis le début de l'année, 72 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint en France, selon une page Facebook qui recense chaque jour les féminicides. Pourtant c'est un autre constat qui a déclenché la mobilisation. 

Dans une tribune parue dans Le Parisien, dimanche, le collectif de familles de victimes à l'origine du rassemblement dénonçaient le «parcours de combattante» que doivent affronter les femmes battues. Des mains courantes et des plaintes ignorées, un manque d'hébergements d'urgence, une solitude face à la justice : les témoignages se multiplient et révèlent l'ampleur des dysfonctionnements. 

Plusieurs organisations féministes (Fondation des femmes, Collectif féministe contre le viol, #NousToutes, Fédération nationale solidarité femmes…) les ont ainsi rejointes pour ce die-in (une forme de manifestation où les participants simulent la mort) organisé samedi, à 17h, place de la République à Paris.

Une tribune pour alerter Emmanuel Macron

A l'initiative du collectif #Nous Toutes mené par Caroline de Haas, plusieurs figures féministes comme l'auteure Pénélope Bagieu ou la journaliste Rokhaya Diallo, ont appelé, dans une tribune publiée ce jeudi dans Le Monde, le président de la République à prendre «cinq mesures immédiates» pour mettre un terme à ces homicides. 

Parmi les mesures jugées nécessaires et pouvant être facilement mises en œuvre, il est par exemple demandé au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, de sanctionner les gendarmes et policiers coupables d'avoir ignoré une plainte, à la ministre Agnès Buzyn de former les médecins à repérer les femmes victimes de violences conjugales, à la ministre des Droits des femmes, Marlène Schiappa, de doubler les subventions aux associations dédiées à l'accueil des femmes battues ou à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le retrait systématique de l'autorité parentale aux conjoints violents

Cette dernière, a d'ailleurs expliqué au début de la semaine vouloir «généraliser» l’utilisation d’un bracelet électronique permettant de maintenir à distance les ex-conjoints violents.

Avec 107 cas en 2018, une femme meurt tous les trois jours du fait la violence de son conjoint ou ex-conjoint. Sans compter que, chaque année, près de 220 000 femmes subissent des violences conjugales.

 

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