Attaque à la préfecture de police de Paris : 19 policiers seraient suivis pour radicalisation

Au plus fort de l’activité du groupe d'inspection, une trentaine de fonctionnaires étaient suivis pour radicalisation islamiste. [Christophe SIMON / AFP]

Depuis l’attaque de la préfecture de police de Paris qui a fait quatre morts, la question de la radicalisation au sein même de l’effectif policier suscite de vives inquiétudes.

Selon les informations du Parisien, 19 fonctionnaires – policiers ou adjoints administratifs - feraient l’objet d’une surveillance par le groupe de suivi de la radicalisation dans la police nationale, mis en place en 2015 par l’IGPN.

Six agents révoqués

Le quotidien souligne qu’au plus fort de l’activité de ce groupe, une trentaine de fonctionnaires (sur 149.000) étaient suivis pour radicalisation islamiste. Depuis, six ont été révoqués, quatre ont démissionné, d’autres ont été écartés par d’autres moyens tandis que certains sont encore en poste, la plupart en région parisienne.

Les motifs de suivi sont divers allant de la consultation indue de fichiers de police au changement d’apparence, propos prosélytes ou encore relations intimes avec des islamistes.

Selon les premiers éléments d’information, Mickaël Harpon, le fonctionnaire auteur de l’attaque de la préfecture de police de Paris, ne faisaient pas l’objet d’un tel suivi. Interrogé sur France Inter lundi 7 octobre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a reconnu une «faille dans le dossier», un «dysfonctionnement d’Etat». «Les signaux d’alerte auraient du être suffisants pour déclencher une enquête», a-t-il également admis. Le ministre sera d’ailleurs entendu ce mardi par la commission des Lois de l’Assemblée nationale et jeudi par celle du Sénat.

Converti à l’islam il y a une dizaine d’années, Mickaël Harpon était pourtant en contact avec «plusieurs individus susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste salafiste», indiquait samedi Jean-François Ricard, procureur du parquet national antiterroriste.

Le procureur avait également évoqué «son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes », «sa justification » des attentats de Charlie Hebdo, ainsi que «son changement d’habitude vestimentaire». En outre, selon des informations de presse, une clé USB contenant des données inquiétantes, notamment des «vidéos de décapitation de Daesh», aurait été retrouvée au domicile de Mickaël Harpon.

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