Tout savoir sur Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris

Rachida Dati est candidate à l'investiture LR pour les municipales à Paris. Rachida Dati a été officiellement désignée par la Commission d'investiture mercredi 6 novembre. [© Geoffroy Van der Hasselt / AFP]

Elle est l'une des candidates à la mairie de Paris les plus connues du grand public. Rachida Dati, ancienne ministre et actuelle maire du 7e arrondissement, a pourtant du mal à convaincre dans son propre camp. Après des mois de luttes intestines, elle a été officiellement désignée tête de liste par la commission d'investiture LR, ce mercredi 6 novembre.

Rachida Dati, qui fêtera bientôt ses 54 ans, est née en Saône-et-Loire (Bourgogne), dans un milieu modeste. Elle a passé son enfance à Chalon-sur-Saône, entourée de ses onze frères et soeurs ainsi que de ses parents, venus du Maroc et d'Algérie. Elle y obtient son bac en 1983, avant de commencer des études de médecine, finalement avortées. Poussée par son père, elle aspire très vite à grimper les échelons.

Elle obtient un DEUG de sciences économiques à Dijon, puis une maîtrise de sciences économiques à l'université Panthéon-Assas, à Paris. A partir de 1992, elle suit des cours de maîtrise en administration des affaires à l'Institut supérieur des affaires. Puis, en 1996, elle obtient une maîtrise en droit public et entre à l'Ecole normale de la magistrature (ENM), où elle étudie jusqu'en 1999.

En parallèle, Rachida Dati commence à intégrer le monde de l'entreprise, à la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine, puis à la direction de l'audit de Matra communication ainsi qu'à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Elle devient ensuite contrôleuse de gestion à la Lyonnaise des eaux, puis conseillère technique à la direction juridique du ministère de l'Éducation nationale, de 1995 à 1997.

Des rencontres déterminantes

Pendant ces premières missions, elle fait la connaissance de plusieurs poids lourds économiques et politiques, tels qu'Albin Chalandon, Jean-Luc Lagardère ou encore Jacques Attali. Elle accède à son premier poste dans le domaine judiciaire en 1999, en étant nommée juge au tribunal de grande instance de Péronne (Somme). En 2003, elle arrive en région parisienne, en tant que substitut du procureur au tribunal d'Évry.

C'est en 2002 qu'elle s'engage en politique, auprès de Nicolas Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur), en devenant conseillère sur le projet de loi concernant la «prévention de la délinquance». Il l'emmène ensuite avec lui en 2004 lorsqu'il est nommé ministre de l'Economie, puisqu'elle intègre son cabinet en tant que conseillère technique.

Dans le même temps, Rachida Dati met un pied dans les Hauts-de-Seine, fief traditionnel de la droite. De 2004 à 2005, elle officie en effet au conseil général en tant que directrice générale adjointe avec une délégation très sensible : celle de l'attribution des marchés publics.

Dans la foulée, elle adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en décembre 2006. Et lorsque Nicolas Sarkozy est désigné candidat à la présidentielle de 2007, il la nomme – en duo avec Xavier Bertrand – porte-parole de sa campagne. L'élection remportée, elle devient ministre de la Justice. Un poste de Garde des Sceaux qu'elle occupe pendant deux ans, jusqu'en juin 2009.

Ses premiers engagements à Paris

En parallèle, Rachida Dati est élue maire du 7e arrondissement, lors des élections municipales de 2008 avant de devenir, quelques mois plus tard, députée européenne. Pendant près de dix ans, elle cumule les deux postes, faisant la navette entre Paris et Strasbourg jusqu'en 2009.

En vue des élections municipales de 2014, elle se présente à la primaire de l'UMP pour devenir la tête de liste à Paris. Elle finit néanmoins par se retirer, estimant que Nathalie Kosciusko-Morizet «a déjà été choisie par les médias et le système». Elle est finalement réélue dans le 7e. En 2015, elle est suspendue du groupe Les Républicains dans la capitale, car elle ne versait plus ses cotisations à la formation politiques.

Mais avec son fort caractère, Rachida Dati, décrite comme «clivante», divise même au sein de son propre camp. Nombre de ténors LR ne la soutiennent que du bout des lèvres, tandis qu'elle a le plus grand mal du monde à rallier tous les barons de la droite de la capitale.

Lors de la dernière réunion en date des maires d'arrondissements et parlementaires parisiens du parti, en décembre 2018, elle a même failli en venir aux mains avec l'ancien maire du 16e, Claude Goasguen, rapporte le JDD. «Le ton est monté, ils se sont levés pour s'empoigner... Il a fallu un coup de gueule de Wauquiez pour les calmer», rapporte ainsi un représentant LR présent au moment des faits.

Une détermination de fer, qui pourrait se révéler utile

Favorite, elle a été préférée par la Commission d'investiture à Marie-Claire Carrère-Gée, ancienne secrétaire générale adjointe de l'Élysée sous Jacques Chirac et désormais nouvelle présidente des élus LR de Paris.

Sa détermination de fer risque d'être d'une grande utilité pour Rachida Dati pendant cette campagne des municipales, tant Les Républicains semblent mal embarqués.

Elle trouvera notamment face à elle plusieurs anciens membres des LR, qui ont décidé de faire cavalier seul et de se présenter sans étiquette ou dans de nouveaux mouvements dissidents. C'est notamment le cas de Pierre-Yves Bournazel, député parisien et élu du 18e, qui s'est déclaré candidat sans étiquette il y a plusieurs mois. Plus récemment, c'est Pierre Liscia, également élu dans le 18e et soutenu par la présidente de la région Valérie Pécresse, qui a annoncé ses ambitions municipales.

Par ailleurs, Rachida Dati est visée par une enquête pour «abus de biens sociaux» et «corruption» du Parquet national financier (PNF). Elle porte sur des prestations de conseils conclues notamment par l'élue avec la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, RNBV. Fin octobre, des perquisitions ont été menées dans le bureau et le domicile de la maire du 7e arrondissement, qui nie toute irrégularité.

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