Grève du 5 décembre dans les transports : dans l'angoisse d'une paralysie générale et durable

Le mouvement sera-t-il suivi après le premier jour, dit «zéro métro et zéro train» ?[DOMINIQUE FAGET / AFP]

Elle est dans toutes les têtes. La mobilisation prévue à partir du jeudi 5 décembre prochain promet une belle pagaille. Les organisations du secteur des transports, celles de la SNCF et de la RATP, et désormais certains syndicats d’Air France, appellent en effet à une grève reconductible, afin de protester contre la réforme des retraites.

A trois semaines d’un mouvement qui promet d’être des plus suivis, et les fêtes de fin d’année approchant, beaucoup de Français se retrouvent ainsi dans l’angoisse.

Des craintes à tous les étages

Sur les réseaux sociaux, en famille ou entre amis, «la grève du 5» revient dans toutes les conversations. Le mouvement sera-t-il suivi après le premier jour, dit «zéro métro et zéro train» ? A ce stade, il est difficile d’y voir clair.

A la SNCF comme à la RATP, quasiment tous les syndicats, à l’instar de FO Cheminots, s’appuient sur le fait que Noël, deux semaines après, n’est pas un but en soi», l’objectif étant surtout d’être d’emblée «massif et bloquant» pour faire plier le gouvernement.

D’autres sources avancent pourtant qu’une frange plus radicale des grévistes n’exclut pas d’utiliser son 13e mois pour initier un long bras de fer avec le pouvoir.

Et à la SNCF, le discours officiel n’est guère plus rassurant, la compagnie affirmant qu’il n’y a «pas encore de visibilité» quant à l’ampleur du mouvement.

Selon un sondage Odoxa publié fin octobre, près de quatre Français sur dix (37 %) pensent qu’ils seront pénalisés par le mouvement social. Un taux qui monte à 50 % pour les 18-24 ans, 56 % pour les cadres et 57 % chez les Franciliens.

La population commence déjà à penser au vélo, à la trottinette ou au covoiturage pour les déplacements journaliers et à envisager un plan B pour rejoindre ses proches au cas où aucun train ne circule pour Noël.

Même chose pour les entreprises qui craignent d’être pénalisées par une absence prolongée de leurs salariés. Celles qui le peuvent entendent ainsi s’appuyer sur les outils numériques pour proposer le télétravail à leurs salariés.

Si, selon le ministère du Travail, seulement 3 % des Français exercent aujourd’hui régulièrement à domicile, ils pourraient ainsi être beaucoup plus nombreux au cours du mois de décembre à venir.

Une population assignée à résidence qui, du coup, inquiète commerçants et hôteliers, privés, eux, d’une belle affluence.

Le gouvernement très vigilant

La grève du 5 décembre préoccupe également le gouvernement, qui tente d’éteindre plusieurs autres incendies sociaux.

Alors qu’il peine à trouver une sortie de crise à la grève qui paralyse depuis huit mois les urgences, les personnels soignants doivent défiler ce jeudi 14 novembre à Paris.

A cette grogne, s’ajoutent celles des professeurs ou des pompiers, sur le qui-vive au sujet de leurs propres retraites, qui pourraient être tentés de se mobiliser. Une option que veut à tout prix éviter l’exécutif, surtout un an après le début du mouvement des gilets jaunes.

Sans pour autant renoncer à son ambition réformatrice, le gouvernement pourrait lâcher du lest auprès de certaines professions, comme il l’a récemment fait avec les policiers, qui ont obtenu le paiement d’une partie de leurs heures supplémentaires, ou encore avec les médecins, à qui il doit bientôt détailler un nouveau plan d’urgence.

Cela avec l’espoir de contenir une colère prête à déborder. 

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