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Coronavirus : sur la Côte d’Azur, l’épidémie perturbe le suivi de certains patients atteints d’un cancer

En France, une personne meurt du cancer toutes les quatre minutes. (Photo d'illustration) [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

A cause de la crise sanitaire, Bernard, un habitant de Grasse (Alpes-Maritimes) âgé de 72 ans opéré l’an dernier et traité pour un cancer de l’estomac n’a pu passer sa visite de contrôle dans les délais.

Celle-ci avait été repoussée à deux reprises par son gastro-entérologue, lors du premier confinement. «Finalement, j’ai pu passer cet examen cet été, soit plusieurs mois après la date initialement prévue, confie-t-il aujourd’hui. Heureusement, le report ne posait pas de problème dans mon cas et mon médecin m’a assuré que cela n’était pas dangereux. Je me considère comme chanceux».

La peur des contaminations ?

«Au printemps dernier, nous avons constaté des reports de soins qui étaient dus pour moitié au monde médical et pour moitié aux patients eux-mêmes», confirme Gérard Van Den Bulcke, le président du comité de la Ligue contre le cancer sur la Côte d’Azur.

Si ce dernier estime que les Alpes-Maritimes sont actuellement épargnées par les reports d’interventions chirurgicales, contrairement à ce qui s’est passé au printemps dernier, il pointe néanmoins un autre phénomène inquiétant lié à la crise sanitaire. «Il ne faut pas que les patients arrêtent de consulter par peur du Covid. Par exemple, les femmes ne doivent pas repousser leurs mammographies. Un nombre considérable de femmes atteintes d’un cancer du sein peuvent être sauvées si elles sont prises en charge suffisamment tôt», insiste t-il.

Un décès dû au cancer toutes les 4 minutes en France

«Les dépistages ne doivent pas être arrêtés malgré le confinement et tous les examens indispensables doivent être maintenus, prévient le professeur et président national de la Ligue Axel Kahn. Il est sûr que des dizaines de milliers de cancers ne seront pas détectés d'ici la fin de l'année. A terme, cela représente des milliers de morts qui auraient pu être évités par une prise en charge précoce. Les personnes malades du cancer ne doivent pas être les sacrifiés collatéraux de cette épidémie».

En France, une personne meurt du cancer toutes les quatre minutes.

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