Début octobre, les annonces des villes de Marseille et de Paris de leur volonté de créer leurs propres «comités scientifiques» sur le Covid avaient fait couler beaucoup d'encre. Celui de la capitale, nommé «conseil consultatif», doit entrer en action «dans les prochains jours», révèle à CNews Anne Souyris, adjointe à la santé d'Anne Hidalgo.
Alors que l'optimisme est plutôt de mise à Paris ces jours-ci avec le fort ralentissement de la propagation du coronavirus, pas question pour la mairie de se reposer sur ses lauriers. Le but de cette instance sera en effet «d'avoir un métro d'avance sur l'épidémie, tout en concevant une vision à moyen terme : sortir de la 2e vague, éviter la 3e vague et anticiper l'ère post-covid», expose Anne Souyris en marge du conseil de Paris de novembre.
Ce «conseil consultatif» sera composé de 20 à 30 membres. Leurs noms sont pour l'instant tenus secrets, mais ils représenteront un large panel de la société. Il comprendra aussi bien des scientifiques que des membres d'associations de malades ou de seniors, ainsi que des sociologues ou encore des représentants des commerçants.
Le modèle de la stratégie à l'Allemande
La mission de cette initiative, validée par Anne Hidalgo, sera d'analyser en détail les données de l'épidémie à Paris, puis de planifier des solutions adaptées dans la capitale. Mais aussi plus largement. «Ce conseil pourra proposer des "packages" à l'Etat, sur le modèle de la stratégie à l'Allemande. Par exemple, appliquer tel type de mesures si on atteint 10 cas pour 100.000 personnes, puis appliquer d'autres mesures si on atteint 100 cas, etc», détaille l'adjointe (EELV) à la santé.
En bref : des mesures graduées, visant surtout à éviter le «stop and go» des déconfinements et reconfinements successifs, avait-elle déjà appuyé en octobre. Une nouvelle stratégie dont le maître-mot sera la «souplesse». Le conseil pourra en effet être sollicité par l'exécutif parisien, mais pourra aussi s'auto-saisir si besoin, avec parfois des réunions plus restreintes. «Nous avons vu les limites des doctrines de l'Etat jusqu'à présent, les lenteurs des processus. Nous voulons pouvoir agir vite», souligne l'élue écologiste.
Mais la mairie de Paris entend aussi demander à ce «conseil consultatif» de mener une réflexion globale sur la santé et les risques futurs. «A plus long terme, il s'agira de mener des actions de prévention. Par exemple concernant l'obésité, car aujourd'hui, 80 % des malades du Covid soignés en réanimation sont en surpoids», rappelle l'adjointe.
Dans une période marquée par la montée du complotisme et de la défiance envers l'autorité, cette instance parisienne pourrait également paraître plus légitime. «Partir du local permet que les mesures soient mieux adaptées aux besoins et à la réalité du territoire. Les gens ont alors davantage confiance et les appliquent mieux», espère l'élue.
Reste que de nouvelles divergences pourraient opposer la capitale et le gouvernement, à l'image de la récente polémique sur la réinstauration d'un couvre-feu. «Ce ne serait pas la première fois. Nous verrons alors ce que nous pourrons mettre en œuvre par nous-même», évacue Anne Souyris. Qui prend néanmoins un malin plaisir à rappeler : «le Premier ministre Jean Castex a dit vouloir travailler avec la maire de Paris. Et bien ce sera l'épreuve du feu».
![Le professeur Antoine Flahault est directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève, en Suisse.[VALENTIN FLAURAUD / CHAM]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/antoine_flahault_26-10_5f96f611a2f0e_0.jpg?itok=uL4Fiyw1)