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Spleen hivernal, incompréhension, sentiment d'injustice... Ils avaient apprécié le premier confinement mais ont déchanté au deuxième

Le deuxième confinement est généralement plus compliqué à vivre pour les Français. [JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP]

Au printemps dernier, lors du premier confinement, de nombreux Français avaient trouvé dans cette parenthèse imposée des côtés positifs, comme le fait de rester à la maison et d'avoir du temps pour soi.

Des bienfaits que certains avaient confié à CNEWS. Quelques mois plus tard, alors que l'épidémie est toujours présente et que de nouvelles restrictions sont venues rythmer leur vie, ils ont accepté de se livrer à nouveau. Mais cette fois, la plupart ont plus de mal à autant «apprécier» le reconfinement. Et ce pour plusieurs raisons...

une normalité devenue «un peu chiante»

«On s’est adapté à une normalité un peu chiante», concède un brin dépité Adam, ingénieur habitant à Paris. Si le premier confinement était un saut dans l’inconnu, «quelque chose de nouveau», raconte Rania, étudiante à Strasbourg (Alsace), celui qui a débuté le 29 octobre était attendu car «on entendait déjà parler d'une deuxième vague», précise la jeune alsacienne.

Cette fois, «t’as plus en tête les contraintes que les bénéfices que tu pourrais avoir au quotidien, confie Xavier domicilié à Paris. On pourrait avoir l’envie de changer ses habitudes, suivre de nouvelles règles, mais on l’a déjà fait».

A Guéret (Creuse), Marie et son copain s'attendaient à ce deuxième confinement qui ne «change pas grand-chose». Ils avaient déjà aménagé leur résidence afin de s'y sentir plus à l’aise. «On a un aquarium et un chat, ça fait du bien pour se reposer l’esprit», déclare la jeune femme.

Un mental mis à rude épreuve. «Je suis passé par les trois phases : la colère, le déni puis l’acceptation», raconte Marion confinée à Montpellier (Hérault) avec son petit ami. La graphiste s’est construit un cadre studieux en aménageant la deuxième chambre de l’appartement en bureau.

Des journées moins ensoleillées 

Pour l’Héraultaise, habituée au soleil, la période est plus délicate qu'en mars, avril et mai en partie à cause de la météo : «je savais que ça s’était bien passé la première fois mais là je me suis dit "c’est l’automne, il va vite faire nuit, on va avoir le temps de rien du tout"». Auparavant, elle allait «se promener après le travail mais là tu sais qu’il fait nuit vite, tu n’as pas envie d’affronter le froid».

Après un bel été, les jours se raccourcissent et les températures sont moins clémentes. Ces paramètres entraînent des changements d'habitudes. «On allait régulièrement au resto ou voir la famille, déclare Marie. Là, on n’y va plus du tout. Les balades sont également réduites car le temps ne s’y prête plus trop. C’est nettement plus dur». Mais cela s'avère aussi un point positif pour la Guéretoise qui ressent du coup «moins l’effet de se sentir enfermée car en temps normal on ne seraient pas sortis».

L'incompréhension

Davantage de Français se rendent encore sur leur lieu de travail, ou à mi-temps pour certains. C'est notamment le cas d'Elodie, qui n'a pas le sentiment de vivre un confinement : «Étant enseignante, je continue de travailler, j’ai juste la sensation de ne plus avoir le droit de faire autre chose».

L’habitante de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) perçoit le confinement «comme quelque chose de totalement incohérent». «On accepte que les enfants retournent à l'école mais ils ne peuvent pas bénéficier de leurs activités extra-scolaires», précise-t-elle.

Un sentiment partagé par Xavier qui voit «plein de monde dehors, des véhicules qui circulent, des magasins ouverts et des parents qui emmènent les enfants à l’école. T’as l’impression que c’est une punition pour certains alors que d’autres continuent de vivre plus ou moins normalement». Pour le journaliste, ce confinement «est moins acceptable car t’as l’impression que les règles ne sont pas les mêmes pour tous».

Un constat appuyé par Adeline, psychologue exerçant à Nîmes (Gard) : «Sur le plan sociétal, les gens ne comprennent pas ces décisions extrêmement changeantes d’une semaine à l’autre». La Gardoise le constate auprès de ses patients, c'est également plus compliqué sur le plan de la santé mentale car «les gens ont perdu confiance et ne savent plus qui écouter ni qui croire. La souffrance est importante».

L'incertitude 

Durant le premier confinement, les Français espéraient que les mesures sanitaires auraient raison du coronavirus. Maintenant, ils doutent. «Ça va faire un an et on ne sait pas si on reconnaîtra un jour un quotidien sans masque, si on pourra se refaire la bise. On ne sait pas», s'inquiète Marie.

«On se dit que la vie normale n’est pas pour tout de suite, enchérit Adam. Jusqu’à quand tout ça ? Le premier m’a permis de mettre les choses à plat car j'avais besoin de calme à l’époque. Le travail d'introspection a été fait mais il faut ensuite se projeter». 

Tous les projets sont mis entre parenthèses. «J'ai des potes qui veulent déménager ou acheter un logement mais qui ne peuvent pas quitter Paris, relève l'ingénieur. Ils ne savent pas quoi faire et ne peuvent visiter de nouveaux logements. C’est l’incertitude».

Une vie sociale en berne

Stagiaire CPE lors du premier confinement, Cyprien était à la campagne, chez ses parents dans le Var. «J’ai déménagé, j’ai changé de région. Quand je suis arrivé (il a été affecté dans le Val-de-Marne), fin août, c'était super pour moi, je suis sorti, j'ai rencontré beaucoup de monde». «C'est maintenant plus compliqué pour moi car je suis loin de ma famille. J’ai l’habitude de vivre à la campagne et là je suis enfermé dans mon appartement de la banlieue parisienne», déclare-t-il.

«Je travaille toute la semaine et je ne fais pas grand-chose en rentrant le soir», ajoute-t-il. Le jeune homme de 30 ans tente de positiver en se disant qu'«heureusement il y a le travail la journée, car il ne reste que ça pour s’épanouir». 

Des exceptions

Tous ne sont pas pour autant dans la morosité ambiante. Lors du premier confinement, Lisa s'était confinée avec son copain dans un appartement situé dans le centre-ville de Montpellier. La période avait été bien vécue par les deux tourtereaux qui ont remis le couvert. «Et ça se passe très bien», partage la jeune femme de 28 ans. «C’est même un confinement amélioré car on a retenu les leçons du premier. Par exemple, il a pris sa console cette fois (rires)». Son copain «bosse en télétravail toute la journée et, de mon côté, je lis, je fais du sport, je m’occupe de mes plantes et mes journées passent super vite au final !»

Les journées défilent également pour Manon, mais pour d'autres raisons. Confinée avec son petit ami à Saint-Gervais-Du-Perron (Orne), l'étudiante se trouve désormais aux îles Canaries (Espagne). En Erasmus, elle vit sous la contrainte de mesures sanitaires «un peu au bon vouloir des gens» qui «peuvent sortir autrement que juste pour les courses essentielles». «Moi, j’ai la plage», savoure la jeune femme qui peut suivre ses cours «en visio ou en présentiel». La présence de cas positifs au Covid-19 parmi certains étudiants étrangers fait qu'elle fréquente surtout les personnes de sa colocation : «c’est mon groupe de potes, je suis bien entourée». 

Etudiante en BTS, Rania effectue son stage et ses cours en présentiel, donc «rien n'a vraiment changé». La Strasbourgeoise profite de pouvoir se déplacer pour le travail. «Ça fait du bien puisque je prends l’air, je suis en action et la relation humaine avec le client qui vient récupérer ses bouquins et échanger quelques mots est agréable».

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