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Coronavirus : le pic de la 3e vague pourrait enfin être atteint en Île-de-France

Les contaminations en région parisienne ont cessé de flamber depuis plusieurs jours.[BERTRAND GUAY / AFP]

Frappée de plein fouet par la 3e vague de l'épidémie de coronavirus, l'Ile-de-France paraît désormais avoir passé un pic. Sans pour autant être encore sortie d'affaire.

Depuis deux semaines environ, les contaminations en région parisienne se sont stabilisées et oscillent autour de 670 nouveaux cas hebdomadaires détectés pour 100.000 habitants. La vague qui monte depuis le mois de décembre pourrait enfin avoir été endiguée.

«L'Ile-de-France semble avoir atteint un pic, avec un arrêt de la croissance exponentielle des contaminations», confirme à Cnews l'épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de Genève Antoine Flahault, ce jeudi 8 avril.

Un ralentissement qui ne provient pas d'une baisse des dépistages. Au contraire, on n'a jamais autant testé dans la région capitale. Plus de 120.000 dépistages sont désormais effectués chaque jour, un record, d'après CovidTracker. Conséquence : le taux de positivité recule, passant désormais sous les 10 % de tests positifs, à un niveau similaire à celui de la fin février.

D'ailleurs, cette tendance se confirme aussi dans l'analyse des traces de virus dans les eaux usées franciliennes. D'après les tout derniers résultats, Vincent Maréchal, le professeur de virologie à la Sorbonne chargé de ces études, confie à CNews ce jeudi «sourire un peu».

Selon lui, après des semaines de hausse, «une rupture de la pente» est enfin observée dans cet indicateur, l'un des plus rapides pour détecter l'évolution de l'épidémie. De quoi laisser espérer «un possible changement de dynamique» à venir.

Une amélioration à confirmer en Ile-de-France

Pour autant, il est encore trop tôt pour parler d'un réel recul du coronavirus en Ile-de-France. Il faut en effet que cette tendance se confirme dans la durée, notamment car les remontées actuelles des données épidémiques sont faussées par les irrégularités du week-end et du lundi (férié) de Pâques.

Autre critère de suivi de l'épidémie, la saturation des hôpitaux s'aggrave chaque jour peu plus. Mercredi 7 avril au soir, l'Agence régionale de santé dénombrait 1.709 patients Covid en réanimation. Un chiffre en hausse de 23 % sur les deux dernières semaines (1.386 malades le mercredi 24 avril).

Le taux d'occupation des services de soins critiques atteint ainsi 144 % par rapport à la normale, comparable à celui de la fin mars 2020. A l'époque, le pic des hospitalisations avait été atteint une dizaine de jours plus tard :

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Et si le ralentissement des nouveaux cas devrait bientôt se faire sentir aussi sur les hospitalisations, la tendance pourrait encore s'améliorer avec les prochains effets du reconfinement national, entré en vigueur le 3 avril. «Je crois que ces mesures peuvent faire baisser les contaminations. L'arrêt de l'école et les vacances scolaires devraient notamment avoir un impact assez fort dans les jours qui vont venir», anticipe Antoine Flahault.

Mais bien malin celui qui pourra prédire la vitesse à laquelle la courbe va baisser. Une donnée qui déterminera sans doute en grande partie la possible levée des restrictions pour l'été à venir.

Le grand risque est de rouvrir trop tôtAntoine Flahault

A l'heure actuelle, l'épidémie reste encore extrêmement dynamique en Ile-de-France, avec un peu plus de 11.000 nouvelles personnes malades détectées en moyenne chaque jour, selon MétéoCovid. La région parisienne est celle où le virus circule le plus, avec un taux d'incidence à 670, contre près de 500 pour les Hauts-de-France et PACA. Pour rappel, le seuil d'alerte maximale avait été fixé à 250.

Alors pour Antoine Flahault, «le grand risque est de rouvrir trop tôt, à cause d'un ras-le-bol compréhensible. On ne sortirait pas de ce plateau élevé, comme depuis novembre, qui empêche de reprendre totalement la vie quotidienne». L'épidémiologiste recommande ainsi «d'aller au bout de la reprise de contrôle» sur l'épidémie pour arriver à une «très faible circulation du virus».

Emmanuel Macron a répété mardi 6 avril sa volonté de rouvrir les établissements scolaires le 26 avril, en indiquant «ne pas l'avoir conditionné, à des indicateurs sanitaires». Les commerces, eux, devraient bien accueillir de nouveaux clients «à partir de mi-mai», mais «moins vite que le 11 mai dernier», a toutefois nuancé le président.

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