C'est toujours le grand flou pour les professionnels des spectacles et festivals en France après que Gérald Darmanin a annoncé, mardi 25 octobre, que certains événements culturels organisés en 2024 devraient être reportés ou annulés en raison de la tenue des Jeux olympiques à Paris.
Les professionnels du secteur musical, des spectacles et autres festivals sont toujours dans le flou depuis une semaine. Ceux-ci attendent que le couperet tombe et de savoir si, oui ou non, le rendez-vous culturel qu'ils ont l'habitude d'organiser durant la période estivale pourra bien se tenir en 2024, alors que le ministre de l'Intérieur a annoncé «l'annulation ou le report de tous les événements qui demandent des forces mobiles».
«Il ne s'agit pas de les interdire»
Autrement dit, pas question pour le patron de la place Beauvau que les policiers et les gendarmes soient occupés sur des événements en province, pendant que les caméras du monde entier seront braquées sur Paris. «Il ne s’agit pas de les interdire, mais de les décaler dans le temps», a-t-il précisé, «en cohérence avec tout l'argent dépensé» pour les Jeux olympiques.
Sauf que cette décision – dont on ne sait pour le moment si elle concerne tous les événements culturels organisés durant l'été 2024 ou seulement aux dates précises des Jeux olympiques (26 juillet-11 août 2024) et paralympiques (28 août-8 septembre 2024) – pourrait être fatale pour beaucoup d'entre eux.
Des solutions restent à trouver
C'est en tout cas ce que craignent la grande majorité des organisateurs de festivals, qui expliquent que non seulement l'annulation de leur(s) événement(s) est inenvisageable mais qu'un report le serait tout autant. «Interdire des événements culturels à cause des JO, ce serait la mort de ces événements» a expliqué Jérôme Tréhorel.
Celui qui n'est autre que le directeur du festival des Vieilles Charrues, en Bretagne, qui a rassemblé près de 300.000 personnes du 14 au 17 juillet 2022, a bien fait comprendre que les reports n'étaient pas non plus la solution, dans la mesure où les gros festivals comme le sien s'organisent des mois à l'avance et ont donc «déjà des engagements» pour 2024.
Ce mercredi, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak a reçu les organisateurs des grands festivals et les syndicats des branches concernées, à qui elle a promis de trouver des solutions «au cas par cas». «Il y aura peut-être certaines annulations, si certaines solutions ne sont pas trouvées», a-t-elle tout de même concédé.
À ce stade, nul ne peut en dire plus puisque la liste définitive des événements concernés n'a pas été «arrêtée à ce jour» selon l'entourage du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a annoncé qu'«un travail de recensement [était] en cours». D'autres réunions devraient être organisées dans les prochains mois à ce sujet.
![Organisée chaque année fin août, la Braderie de Lille pourrait être décalée en raison des JO organisés à Paris en 2024. [© PHILIPPE HUGUEN / AFP] Organisée chaque année fin août, la Braderie de Lille pourrait être décalée en 2024 en raison des JO organisés à Paris](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/gendarmes_635918a6ed85f_0.png?itok=S5yBZE6U)