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«Pricing dynamique» : quelle est cette pratique qui consiste à augmenter le prix de certains produits le dimanche ?

Une hausse moyenne de 15 % a été constatée sur les 676 produits «éligibles» étudiés. [LIONEL BONAVENTURE / AFP]

L'enseigne Casino a reconnu cette semaine avoir eu recours au «Pricing dynamique», une pratique consistant à appliquer une majoration des prix sur certains produits vendus dans ses magasins ouverts le dimanche. Si l'entreprise a indiqué vendredi faire marche arrière, en quoi concrètement cette approche consiste-t-elle ?

Une nouvelle pratique dans les hypermarchés qui a suscité de nombreuses réactions. Après avoir reconnu avoir instauré le «pricing dynamique» le dimanche, qui consiste à mettre en place une majoration tarifaire sur certains produits cette journée là, le groupe Casino a fait marche arrière ce vendredi 10 février. 

Cette pratique, majoritairement utilisée dans les secteurs de l'aérien et de l'hôtellerie, a été révélée par le spécialiste de la consommation Olivier Dauvers en milieu de semaine. L'objectif de la stratégie ? Faire varier les prix en fonction de la demande et du comportement des consommateurs. Sur son blog, Olivier Dauvers avait comparé l'évolution des prix de centaines de produits le samedi après-midi et le dimanche matin, dans cinq hypermarchés Casino (un à Aix-en-Provence, deux à Angers, un à Lanester et un à Larmor). Bilan ? Près de la moitié des produits étaient majorés le dimanche.

Une hausse moyenne de 15 % avait été constatée sur les 676 produits «éligibles» étudiés. Sur certains produits, l'augmentation était encore plus significative. Ainsi, les Danette pistache affichaient un prix de 2,10 euros le samedi après-midi contre 2,85 euros le dimanche, soit une hausse de 36 %. Pour les tartelettes Casino fraise, la hausse affichée était elle de 21 %. Le prix du produit ménager Monsieur Propre Ultra passait, quant à lui, de 4,35 euros à 5,09 euros, entre le samedi et le dimanche (+ 17 %). 

une Compensation des coûts d'ouverture dominicaux invoquée

Le groupe Casino avait justifié dans un premier temps la mise en place de cette stratégie pour compenser les coûts d'ouverture de ses enseignes chaque dimanche. «Le coût de fonctionnement du magasin, le personnel de sécurité employé, ainsi que le renforcement des équipes qu'on doit appliquer le lundi matin pour remettre en ordre le magasin laissé sans personnel le dimanche... Ce sont toutes ces choses qui font qu'on doit augmenter les prix d'une partie de nos produits», avait expliqué la direction auprès de La Dépêche, mercredi 8 février, avant d'annoncer la suspension de la mesure, ce vendredi. 

En effet, la révélation de cette tarification dynamique a fait l'objet de nombreux commentaires dans un contexte de forte inflation où les consommateurs sont très sensibles au prix des produits qu'ils achètent. «Les enseignes Casino fortes de toutes leurs initiatives en faveur du pouvoir d'achat, ont pris la décision de ne plus appliquer fin janvier le pricing dynamique le dimanche», a réagi la communication du groupe dans une déclaration écrite.

«Les enseignes Casino ont instauré depuis décembre 2018 un service, inédit alors, d'ouverture dominicale sur toute la journée», a tenu à rappeler le groupe. «A l'époque, ce service qui apporte un confort supplémentaire au consommateur s'était vu accompagné d'une expérimentation visant à appliquer une variation tarifaire mineure sur les produits et ce, exclusivement les dimanches», a-t-il par ailleurs précisé. 

Le blog spécialisé dans l'actualité des produits de grande consommation Marketing PGC a estimé que le groupe Casino, propriétaire de nombreuses enseignes, dont Monoprix, Franprix, et Naturalia, avait «brisé un tabou», ce dont le «secteur de la distribution peut (se) féliciter», mais tout en rendant «le sujet explosif auprès du grand public».

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