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«Il faut arrêter de transporter chaque jour une bibliothèque sur son dos» : Le député UDR Marc Chavent vent debout contre le poids des cartables à l'école

«Le cartable de ma fille pesée 13 kg.» [©Adobe Stock]

Agir pour le bien-être des enfants, c’est l’un des combats du député Marc Chavent (UDR), qui défend une proposition de loi pour imposer une limite de poids pour les cartables des écoliers français.

Les inquiétudes d’un père. Le député UDR Marc Chavent a déposé le 1er avril dernier une proposition de loi visant à «limiter le poids des cartables utilisés à l’école». L’élu de la 5e circonscription de l’Ain a expliqué à CNEWS les tenants et aboutissants de ce texte.

C’est un texte qui peut sembler anodin à certains mais qui revêt une grande importance aux yeux de Marc Chavent. En effet, comme l’a rappelé le député : «A l’Assemblée, on se saisit des problèmes de bien-être des salariés au travail. On évoque, à juste titre, la pénibilité mais pour les enfants, tout le monde s’en fout».

La volonté de se battre contre le poids des cartables pour les écoliers français est tout simplement venue d’une discussion avec son épouse. «Ce matin-là, elle a pesé le sac de notre fille Alexandra, qui est en 6e, et il pesait 13 kg. Et je me suis souvenu de moi, enfant, portant un cartable qui me paraissait peser une tonne.»

Une limite de 10% du poids de l’élève

Ainsi, avec son texte, il souhaite inscrire l’obligation pour les chefs d’établissement de mettre en place un dispositif permettant de limiter le poids des cartables. Marc Chavent avance une limite de 10% du poids de l’enfant.

Le député a estimé que sa fille de 11 ans, «qui est toute menue», pèse environ 35 kg. Avec la proposition de loi le poids de son cartable serait limité à 3,5 kg, soit presque 10 kg de moins que le poids actuel de ce dernier.

«Il faut arrêter de transporter chaque jour une bibliothèque sur son dos», a estimé Marc Chavent qui prône la généralisation des manuels numériques pour réduire le poids, même si l’élu souhaite que les élèves puissent encore manipuler de vrais manuels, sans pour autant les porter chaque jour.

Par ailleurs, au-delà des manuels scolaires, le député UDR milite pour une évolution des habitudes au niveau des fournitures scolaires. «On exige des cahiers de 200 pages. Je ne vois pas bien l’utilité alors qu’aujourd’hui, on peut avoir des classeurs avec des feuilles ou d’autres dispositifs. Pourquoi, alors qu’il y a 20 pages qui sont écrites, être forcé d’en transporter 180 qui sont vides. Et il faut multiplier ça par le nombre de matières».

Une proposition de loi transpartisane

Se souvenant de ses propres années d’école, Marc Chavent s’étonne que les mentalités n’évoluent pas. «On a tous été victimes de ce poids. On voit les enfants qui sont déséquilibrés par leurs cartables. On se préoccupe des charges lourdes portées par les salariés mais les enfants ça passe sous les radars», a-t-il déploré, poursuivant, «comme c’est un système d’apprentissage on peut nous mettre 100 kg sur le dos, tant qu’on ne nous tue pas, on ne réagit pas».

Marc Chavent souhaite ainsi que son texte soit transpartisan, il l’a donc ouvert aux signatures de ses collègues et a indiqué sa volonté de se rapprocher du cabinet du Premier ministre pour avoir l’appui du gouvernement en faisant appel à la sensibilité de François Bayrou pour ses sujets.

«Lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, il a soutenu le texte de Jean-Yves Haby (1996) à ce sujet. C’est un sujet qui semble lui tenir à cœur», rappelle le député.

Néanmoins, la diffusion de son texte auprès des élus et du gouvernement a été freinée par l’actualité politique dense, marquée par la condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec effet immédiat.

«C’est un texte que je ne vais pas lâcher et que je vais continuer à défendre», a-t-il expliqué, déclarant être prêt à l’abandonner aux autres forces politiques s’il le fallait pour le voir étudier à l’Assemblée nationale.

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