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Bruno Retailleau fustige la proposition de loi sur la fin de vie

Bruno Retailleau a dénoncé «un texte d’abandon». [REUTERS/Abdul Saboor]

Ce dimanche, Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, s'est dit «stupéfait» par la proposition de loi relative à la fin de vie, étudiée en commission parlementaire. 

Un texte qui va «dans le mauvais sens». Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est exprimé ce dimanche sur la proposition de loi sur la fin de vie, dont l’examen a commencé ce vendredi. 

Interrogé sur LCI, le ministre n’a pas pesé ses mots, jugeant notamment que ce texte «tellement permissif» va «dans le très mauvais sens». «Le texte que j'ai découvert m'a stupéfié», a-t-il ajouté. 

Ce vendredi, les députés ont commencé en commission l'examen de ce texte et ont approuvé la création d'un droit à l'aide à mourir, en élargissant par ailleurs les cas où la substance létale pourra être administrée par un soignant. 

«Demain ce que je crains, c'est qu'il soit beaucoup plus facile de demander la mort que d'avoir des soins», a ainsi affirmé Bruno Retailleau.  

Selon lui, «c'est un texte qui va cumuler aussi bien le suicide assisté que l'euthanasie. Or, dans tous les pays qui ont autorisé ce double choix, et bien, c'est toujours l'euthanasie qui a écrasé le suicide assisté». 

«Un texte d’abandon» 

«Bien sûr, c'est une proposition de loi, mais ce texte pour moi, il est terrible parce que c'est un texte d’abandon», a poursuivi le ministre de l’Intérieur. 

Si «par malheur, il était demain voté, et bien, au moment de votre mort, les uns ou les autres devront se poser cette question non pas de tendre une main ou de demander une main secourable, mais de dire: "Suis-je un fardeau pour la société ?"» , a-t-il également souligné.  

«Quand on voit que dans la dernière année d'une vie, le coût pour la santé, c'est plus de 35.000 euros, ce que je crains demain, c'est que ces considérations matérielles, ces considérations économiques prennent le pas sur la dignité de la vie humaine», a expliqué le locataire de la place Beauvau

«Ce n'est pas un texte de fraternité, c'est un texte d’abandon» qui va «dans le très mauvais sens», a martelé Bruno Retailleau. 

Vendredi, les députés ont notamment approuvé un amendement d'Elise Leboucher (LFI) qui permet à la personne qui souhaite recourir à l'aide à mourir la liberté de choisir entre une auto-administration du produit létal et une administration par un professionnel de santé.  

Initialement, le texte prévoyait que celle-ci ne soit possible que lorsque le patient «n'est pas en mesure physiquement d'y procéder».

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