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Vendanges 2025 : les viticulteurs inquiets pour leur avenir malgré un excellent millésime attendu

Les viticulteurs s'attendent à ce que le millésime 2025 soit un très grand cru. [François Nascimbeni / AFP]

À quelques semaines des premières vendanges, le secteur viticole s'inquiète de plusieurs facteurs qui assombrissent les perspectives d’un millésime 2025, attendu comme un très grand cru. 

Un nouveau millésime en 5. Depuis le début de l'année, de nombreux viticulteurs et vignerons attendent le début de la saison des vendanges pour découvrir le millésime annuel. Grâce à une météo clémente et aux pluies nécessaires, les vignes ont pu se gorger de sucre, terminant de mûrir sous l'effet du soleil d'ici début septembre. 

Cependant, les récoltes de cette année sont assombries par l’augmentation des droits de douane vers les États-Unis, ainsi que par les nombreux incendies ravageant des centaines d'hectares de vignes. À cela s’ajoute la baisse continue de la consommation de vin en France.

Un beau millésime 2025

Dans le domaine viticole, les millésimes des années en 5 sont toujours plus attendus que les autres. En effet, cette croyance persiste depuis 1945, mêlant chance climatique et coup de maître des vignerons. Les millésimes 45, 55, 85 et 2015 confirment cette tendance, avec des bouteilles qui font saliver tant les passionnés de vin que les grands sommeliers.

Cette année, tous les voyants sont au vert. Pour les viticulteurs de Nantes, de Bourgogne ou encore de Bordeaux, l'année s'annonce prometteuse. Sans gelées et avec un printemps relativement humide et chaud, l'année n'a pourtant pas été de tout repos pour les viticulteurs. Car les fortes pluies d'avril ont favorisé l’apparition du mildiou sur de nombreuses parcelles. Toutefois, les températures du mois de mai, plutôt chaudes et sèches, ont permis un rythme hydrique relativement favorable pour le reste des préparatifs de la récolte.

Attention toutefois à la semaine caniculaire que promet Météo-France la semaine prochaine. Cela pourrait ralentir la croissance du raisin, réduisant ainsi le volume des récoltes. De nombreux vignerons espèrent quelques petites pluies avant le début des vendanges pour résoudre ce léger souci.

Un ciel ombragé sur la vente à venir

Malgré un vin attendu de grande qualité, de nombreux facteurs viennent assombrir les perspectives des vignes. En premier lieu, le changement climatique met les terrains agricoles en grande difficulté. Les épisodes de grêle ont ravagé des milliers d'hectares de vignes. À cela s’ajoutent les incendies dans l'Aude, détruisant entre 800 et 900 hectares. Par ailleurs, en 2024, les conditions de récolte n’étaient pas idéales pour permettre aux vignerons de produire un grand cru.

Ensuite, les droits de douane appliqués sur le premier pays importateur de vin français viennent alourdir la situation. En effet, les États-Unis achètent pour plus de 2,3 milliards d’euros de cru, dont 800 millions d’euros de champagne. Le bras de fer musclé entre l'Europe et Washington a débuté dès l’investiture de Donald Trump. D'abord menacé à hauteur de 200 %, les premières taxes douanières se sont élevées à 10 % début avril, puis à 15 % depuis le 7 août. Cela entraîne un coût plus élevé pour les consommateurs, qui pourraient devenir de plus en plus réticents à l'achat.

Enfin, les changements de consommation jouent également un rôle crucial dans l’évolution du domaine viticole. Le vin est l'alcool le plus impacté par ces évolutions. Selon l’Insee, entre 1960 et aujourd’hui, la consommation de vin aurait diminué de près de 70 %, passant de 127 litres par an et par habitant à seulement 40 litres.

Cette diminution de la consommation a déjà eu un impact sur les viticulteurs, engendrant notamment une immense campagne d’arrachage de ceps de vignes, afin de réduire la production et l’adapter à la baisse de la demande.

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