La lettre rectificative au projet de loi de financement de la Sécurité sociale a été présentée en Conseil des ministres. Elle détaille les modalités de financement de la suspension de la réforme des retraites, ce qui aura un coût certain.
Une réforme à plus d'un milliard d’euros. Ce jeudi 23 octobre, la lettre rectificative au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a été présentée en Conseil des ministres, en présence de Sébastien Lecornu et du président Emmanuel Macron.
Ce document intègre au PLFSS la suspension de la réforme des retraites, annoncée par le Premier ministre lors de son discours de politique générale. Il en révèle également le coût, une donnée qui ne manquera pas de faire réagir l’opposition.
Selon les chiffres communiqués par l’AFP, la suspension de la réforme des retraites devrait représenter 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Initialement, le gouvernement avait évoqué un coût bien plus élevé, estimé à environ 400 millions d’euros dès 2026 et 1,8 milliard d'euros en 2027.
Pour rappel, cette suspension constituait une condition sine qua non au soutien du Parti socialiste, un appui jugé indispensable pour éviter la chute du second gouvernement Lecornu.
Réforme des retraites : les retraités mis à contribution pour compenser le coût de la suspension
Alors, comment financer la suspension de la réforme ? La lettre rectificative prévoit de solliciter une contribution accrue des complémentaires santé et des retraités. Concrètement, le taux de contribution des organismes complémentaires, mutuelles et assurances santé, serait relevé de 2,05 % à 2,25 % dès 2026.
Du côté des retraités, le PLFSS prévoit un gel des pensions de retraite en 2026, à hauteur de 0,4 point. La lettre rectificative va encore plus loin en proposant une sous-indexation des pensions de 0,9 point en 2027.
L’ensemble de ces mesures est examiné depuis ce vendredi 24 octobre à l’Assemblée nationale. Si elles sont adoptées, la réforme des retraites serait suspendue jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028. Le prochain président et son gouvernement devront alors déterminer la marche à suivre.
D’ici là, des concertations avec les syndicats devraient se tenir afin de tenter de trouver une issue à la crise actuelle et d’esquisser une solution durable pour le système des retraites.