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Réforme des retraites : le Sénat la «rétablira» si l'Assemblée nationale la suspend, annonce Gérard Larcher

Gérard Larcher a rappelé que l'abandon de la réforme des retraites coûtera «30 milliards de déficit en 2035». [MOHAMMED BADRA / POOL / AFP]

Le président du Sénat Gérard Larcher a fait savoir ce samedi 25 octobre que la chambre haute du Parlement «rétablira la réforme des retraites» si l’Assemblée nationale venait de la suspendre. 

Une suspension qui ne fait pas l'unanimité. A l’heure où le gouvernement a acté jeudi 23 octobre la suspension de la réforme des retraites dans le projet de budget de la Sécurité sociale, le président du Sénat Gérard Larcher a fait savoir, ce samedi dans les colonnes du Parisien, que la chambre haute du Parlement la «rétablira» si l’Assemblée nationale venait de la suspendre. 

«Emmanuel Macron a renoncé aux deux réformes majeures de ses mandats : celle sur la compétitivité des entreprises et les retraites. Le président de la République ne peut pas ignorer dans quelle situation est la France, ce qui nous empêche de compter en Europe. Le Sénat rétablira la réforme des retraites. Nous la votons depuis cinq ans. Je rappelle que son abandon, c’est 30 milliards de déficit en 2035», a dit Gérard Larcher à nos confrères.

«Nous ferons aussi des propositions sur la décentralisation, nous y travaillons depuis 2020. C’est aussi une manière de diminuer les dépenses publiques. J’apporterai notre contribution au Premier ministre le 31 octobre», a-t-il ajouté.

Une suspension qui coûtera 100 millions d'euros en 2026

En effet, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) décale dans le temps l'application de la réforme Borne de 2023. Il suspend jusqu'à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. 

Cette suspension coûtera 100 millions d'euros en 2026 et 1,4 milliard d'euros en 2027, selon la lettre rectificative dévoilée mercredi par le quotidien économique Les Échos et dont l'AFP a obtenu copie.

Pour financer la mesure, les complémentaires santé et les retraités seront mis à contribution, d'après le document. La sous-indexation des pensions par rapport à l'inflation, initialement prévue à 0,4 point, sera augmentée de 0,5 point supplémentaire en 2027, ce qui pèsera sur le pouvoir d'achat des retraités. 

Le taux de contribution des organismes complémentaires (mutuelles, assurances de santé...) passera de 2,05% à 2,25% en 2026.

A noter également que les personnes pouvant bénéficier du dispositif «carrières longues» ne seront pas concernées par la suspension de la réforme des retraites. Celle-ci ne concernerait «que le droit commun, les carrières longues ne sont pas impactées», a aussi expliqué le numéro un de la CFTC, Cyril Chabanier, à l'AFP, à l'issue d'un rendez-vous au ministère du Travail vendredi 24 octobre après-midi.

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