La 29e édition de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées s'est ouverte lundi 17 novembre. Malgré des progrès en terme d'intégration, l'accès au monde du travail pour les personnes en situation de handicap reste compliqué.
«Handicaps et emploi : l'égalité pour toutes et tous !» C'est le slogan de la 29e Semaine pour l'emploi des personnes handicapées. Des événements sont organisés toute la semaine autour de ce thème, partout dans le pays. Cette année marque également les 20 ans de la loi «pour l'égalité des droits et des chances». Voici cinq chiffres clés de l'inclusion dans le monde du travail en France.
Un taux de chômage beaucoup plus élevé que la moyenne
En 2024, le taux de chômage des personnes en situation de handicap était presque deux fois plus élevé que celui de la population générale : 12% contre 7%, selon une étude de la Drees, le service statistique du ministère du Travail. Ce taux de chômage est en légère baisse par rapport aux années précédentes, mais ce chiffre illustre un accès à l'emploi toujours conditionné à des parcours complexes et inégalement accompagnés.
À travers ce pourcentage, ressortent également les a priori persistants dont sont victimes les personnes en situation de handicap. Pour Françoise Descamps-Crosnier, Christian Ploton et Bruno Pollez, qui œuvrent au quotidien pour ce sujet et président l'événement, «l'égalité présente dans la loi de 2005 et la Constitution, ne se décrète pas : elle se construit par la mobilisation des employeurs, des institutions, des associations, mais aussi des citoyennes et citoyens».
Des obligations pour les entreprises loin d'être respectées
Pour favoriser le développement de l'emploi des personnes handicapées, depuis 1987, la loi oblige les entreprises ayant au moins 20 salariés à employer des personnes en situation de handicap dans une proportion de 6% de l'effectif total. Cette obligation est encore aujourd'hui loin d'être respectée.
Selon les dernières études menées sur le sujet, on constate que 674.400 travailleurs handicapés sont employés dans les 112.300 entreprises concernées par l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH). Cela représente 454.200 équivalents temps plein sur l'année. On arrive donc à un taux d'emploi direct de 3,6%. Un chiffre bien en deçà de l'obligation en vigueur.
Le handicap n'est donc pas assez pris en compte par les employeurs. Des clichés ont parfois la vie dure comme l'idée préconçue selon laquelle une personne en situation de handicap va coûter de l'argent à l'entreprise et va être plus lente. Certains dirigeants préfèrent donc verser une contribution supplémentaire à l'Urssaf plutôt que de respecter la loi.
Plus souvent ouvriers ou employés, moins souvent cadres
À ce jour, 1,2 million de personnes handicapées ont une activité, soit plus du double en vingt ans. Une évolution positive mais qui concerne beaucoup moins les postes qualifiés. Plus d'un quart de ces personnes sont ouvriers et un tiers sont employés, contre respectivement 19% et 25% de l'ensemble des actifs. Seuls 11% des travailleurs handicapés sont cadres supérieurs, soit deux fois moins que la moyenne.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence. Dans un premier temps, Le handicap peut limiter l'étendue des tâches qui peuvent être exercées. Mais le phénomène s'explique également par un accompagnement insuffisant dès la scolarisation. Ces personnes disposent souvent d'un niveau de diplôme inférieur à la moyenne.
Les handicaps psychiques les plus lésés
Alors que la santé mentale a été proclamée grande cause nationale 2025 par le gouvernement, on constate que seulement 20,5% des personnes en situation de handicap psychique ont un emploi. C'est deux fois moins que pour l'ensemble des personnes en situation de handicap.
Les troubles psychiques figurent parmi les formes de handicap les plus stigmatisées et les moins visibles dans l'univers professionnel. Le temps d'accès à l'emploi est deux fois plus long pour les personnes concernées.
Une baisse des dotations
L'Union Nationale des Entreprises Adaptées (UNEA) dénonce une baisse des dotations pour l'emploi des personnes en situation de handicap. Le projet de loi de finance pour 2026 prévoit une diminution importante du nombre de postes financés dans les Entreprises Adaptées. Cette baisse représenterait environ 3.000 postes en moins dans le pays.
Une décision qui va dans le mauvais sens selon l'UNEA «alors que le nombre de demandeurs d'emploi en situation de handicap augmente fortement». Cette coupe dans le budget pourrait compromettre les ambitions de la France en matière de plein emploi et d'inclusion.