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Un athlète paralympique pourrait devenir le premier astronaute handicapé de l'histoire

En 2022, John McFall a été sélectionné pour le projet Fly ! de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui vise à déterminer si des astronautes en situation de handicap peuvent participer à des missions de longue durée vers l’ISS. [© Andrea CONIGLI / ESA]

John McFall, un chirurgien britannique, pourrait devenir la première personne handicapée à se rendre en orbite autour de la terre. Petite particularité, c’est un ancien athlète paralympique.

Une première pour une mission spatiale. Après la signature par le gouvernement britannique d’un accord avec l'entreprise américaine Vast, qui construit la petite station spatiale commerciale Haven-1, un ancien athlète britannique va peut-être partir vivre en orbite.

À 19 ans à la suite d’un accident de moto, John McFall s'était fait amputer de sa jambe droite. Un drame qui l'a conduit à se lancer dans le para-athlétisme. Une passion qui est rapidement devenue une ambition sportive qui l'a conduit huit ans plus tard aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008, où il a décroché une médaille de bronze au 100 mètres.  

En 2022, il a été sélectionné pour le projet «Fly !» de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui vise à déterminer si des astronautes en situation de handicap peuvent participer à des missions de longue durée vers l’ISS.

Un challenge relevé qui fait aujourd’hui de lui un membre de la réserve d’astronautes de l’ESA. Il a reçu l’autorisation d’effectuer des activités en orbite l’année dernière et pourrait même participer en 2027 à une mission vers la station spatiale Haven-1 peu après son lancement.

Une première historique

Vast, une entreprise californienne, est en phase avancée de construction de Haven-1, qui est plus petite qu’un bus à un étage. La station pourra accueillir jusqu’à quatre astronautes et sera dotée d’un intérieur en placage d’érable, d’un hublot en forme de dôme pour observer la Terre ainsi que d’un laboratoire dédié à la recherche en microgravité.

John McFall, depuis le Centre européen des astronautes de l’ESA en Allemagne, a déclaré que «c’est une opportunité passionnante». L’objectif de cette mission est de se concentrer sur la manière dont l’environnement spatial affecte son corps, ainsi que sur les effets sur les prothèses modernes, qui dépendent souvent de capteurs et microprocesseurs pour fonctionner correctement.

Les différentes recherches de l’ancien champion paralympique pourraient bénéficier plus largement aux personnes handicapées en favorisant la conception de prothèses plus légères et plus adaptables.

Ces dernières pourraient également permettre de mieux comprendre des pathologies telles que l’ostéoporose et l’atrophie musculaire, et ainsi ouvrir la voie à de meilleurs programmes de rééducation pour les personnes amputées.

«Nous sommes suffisamment ouverts d'esprit»

«Nous affirmons qu’il est tout à fait possible pour des personnes en situation de handicap de devenir astronautes», a expliqué John McFall à nos confrères de The Guardian. «Nous avons démontré que c’est possible, que nous sommes suffisamment ouverts d’esprit pour leur offrir cette opportunité et reconnaître qu’elles sont tout aussi compétentes.»

L’Agence spatiale britannique aide Vast à obtenir des parrainages pour financer le vol de John McFall. Ce dernier et d’autres astronautes se rendraient à Haven-1 à bord de la capsule Crew Dragon de Space X, lancée par une fusée Falcon 9. Il devrait accompagner le Français Arnaud Prost, engagée lui aussi dans cette mission.

Une autre option s’offre à John McFall. Celle de participer à une mission privée avec Vast vers la Station spatiale internationale (ISS), l’année prochaine.

S'il est amené à s’envoler, il deviendrait le premier britannique à aller dans l’espace depuis 2015-2016. Avant lui, Tim Peake avait passé six mois à bord de l’ISS dans le cadre de la mission Principia de l’ESA.

Ce dernier a même déclaré : «John McFall est une source d’inspiration, non seulement pour la communauté spatiale, mais aussi pour tous ceux à qui l’on a déjà dit qu’il y avait des limites à ce qu’ils pouvaient accomplir. Cet accord marque un tournant historique pour les vols spatiaux habités inclusifs».

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