L’ancien Premier ministre Michel Barnier, redevenu député, a annoncé ce vendredi qu’il ne voterait pas le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en l’état.
«On ne doit jamais sacrifier l’avenir au présent». Après Edouard Philippe et le groupe Horizons, un autre cadre du socle commun rejette le budget de la Sécu. Dans une tribune publiée dans Les Échos ce vendredi, l’ancien Premier ministre Michel Barnier a indiqué qu’il ne voterait pas «en l’état» le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Redevenu député en octobre dernier, l’ancien Premier ministre a dénoncé «des petits calculs politiques irresponsables et de courte vue», pointant du doigt la suspension de la réforme des retraites, souhaitée par le Parti socialiste pour permettre à Sébastien Lecornu d’éviter la censure.
«Je ne blâme pas le Premier ministre, qui a tenté de bâtir un compromis pour sortir d’une situation politique délicate (…) Mais malgré ces efforts, aucune solution satisfaisante n’a émergé», a regretté Michel Barnier.
Alors que la gauche défend, corps et âme, l’abaissement de l’âge légal de départ à la retraite, le député LR de Paris a défendu, de son côté, un allongement. «Il faudra travailler plus longtemps, comme le font tous les pays qui nous entourent et qui sont confrontés, tout comme nous le sommes, au vieillissement accéléré de leur population», a-t-il ajouté.
Sébastien Lecornu descend dans l’arène
Dans sa tribune, Michel Barnier a appelé à un «PLFSS qui s’attaque résolument à la maîtrise des dépenses». Souhaitant trouver des compromis permettant l’adoption du texte, Sébastien Lecornu a décidé de consacrer la quasi-totalité de son emploi du temps à l’examen du projet de loi.
Après avoir annulé ses rendez-vous ce jeudi avec les syndicats, le Premier ministre a appelé les formations politiques à «prendre leurs responsabilités». Le chef du gouvernement doit faire face à l’opposition permanente de La France insoumise et du Rassemblement national, mais aussi désormais aux nombreux rejets du groupe Horizons et des Républicains, pourtant membres de la coalition gouvernementale.
Ce mardi, le président du groupe Horizons, Paul Christophe, a déploré «un texte qui ne propose pas de réduction du déficit», mais qui «se repose sur de nouvelles mesures de fiscalité et ne propose par de nouvelles mesures de réduction de dépenses». Un rejet du texte qui a fortement tendu le socle commun et certains membres du gouvernement. Face à cette mission sous tension, Sébastien Lecornu a réaffirmé qu’il n’utiliserait pas l’article 49.3 de la Constitution.