Après une première réunion le 17 décembre dernier, le comité scientifique consacré à la dermatose nodulaire va à nouveau se réunir ce lundi 22 décembre, dans le cadre de ses recherches d’éventuelles évolutions de la stratégie nationale face à la crise.
Des solutions à trouver pour calmer la fronde, c’est ce dont le comité scientifique créé par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, est à la recherche. Pour faire face à la dermatose nodulaire et aux tensions provoquées par les blocages agricoles, ce groupe de représentants professionnels et de scientifiques va ainsi se réunir une nouvelle fois ce lundi 22 décembre, à Toulouse (Haute-Garonne).
Depuis fin juin 2025, plusieurs cas de dermatose nodulaire ont été détectés, essentiellement en Occitanie. Pour endiguer cette maladie virale et très contagieuse, le règlement européen oblige les agriculteurs à abattre immédiatement et systématiquement l’ensemble des foyers contaminés.
Une solution radicale qui a provoqué la colère des agriculteurs et des éleveurs, les poussant à bloquer le pays et à organiser d’autres opérations coups de poing.
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard n’a pas tardé à aller à la rencontre des représentants du milieu agricole, dont les membres de l’intersyndicale composée des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne, la FDSEA, la Confédération paysanne et la Coordination rurale. Ces derniers ont notamment demandé des «alternatives pragmatiques et proportionnées».
Un comité d’urgence
En réponse à la colère des agriculteurs, Annie Genevard a mis en place une «cellule de dialogue scientifique» dans le but de trouver des solutions plus adaptées et moins drastiques.
Sous les conseils de Pierre-André Durand, préfet de région et Carole Delga, présidente du Conseil régional, la ministre de l’Agriculture a fait appel à Jean-Philippe Viguié, président de la chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne et président de la commission élevage de la chambre régionale d’agriculture d’Occitanie ou encore Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège.
A ces noms s'ajoutent également ceux de Christian Déqué, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne, Frédéric Bazerque, président de la fédération régionale des groupements de défense sanitaire Occitanie (FRGDS Occitanie) et Vincent Labarthe, vice-président de la Région Occitanie, en charge de l’Agriculture et de l’Enseignement agricole.
Pour compléter le comité, Annie Genevard a aussi intégré plusieurs représentants du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) et de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV).
Leur objectif, dans un climat de tensions, est «d’examiner au plus vite, et en toute indépendance, les propositions formulées en Occitanie, au regard de l’impératif de protection des cheptels».
Une expertise juridique nécessaire
Au cours d’une première réunion, qui s’est tenue le 17 décembre dernier, la cellule a pu réaliser un état des lieux de la situation actuelle, et notamment l’impact dramatique des abattages systématiques des foyers contaminés sur les agriculteurs et les éleveurs français.
Et tandis que la campagne de vaccination s’accélère, avec une prévision de 750.000 bovins prochainement vaccinés dans les départements du Sud-Ouest, le comité devra ce lundi 22 décembre, expertiser «les conditions dans lesquelles il serait possible d’éviter le dépeuplement total des foyers», selon un communiqué de la préfecture.
S’il n’y parvient pas, il devra alors déterminer «dans quelle mesure ce dépeuplement pourrait être opéré en abattoir». Par la suite, «les scientifiques formaliseront des propositions techniques documentées» qui seront discutées au cours de cet entretien.
Enfin, ces travaux nécessiteront «une expertise juridique de niveau national et européen» pour être validés et appliqués.