A quelques semaines du premier tour des Municipales 2026 à Marseille, un baromètre Opinionway pour CNEWS, Europe 1 et le JDD place les listes conduites par Benoît Payan et par Franck Allisio en tête des intentions de vote. Le candidat soutenu par LFI Sébastien Delogu ainsi que la candidate de LR et du parti présidentiel Martine Vassal sont à égalité, en troisième position.
Une ville plus facturée que jamais ? A l’heure où les Français sont invités à se rendre aux urnes les 15 et 22 mars prochains dans les grandes villes, à l’occasion des Municipales 2026, l'issue de la course à la mairie de Marseille semble de plus en plus imperceptible. Selon un baromètre Opinionway* pour CNEWS, Europe 1 et le JDD dévoilé ce mardi 24 février, les listes conduites par Franck Allisio (RN, UDR et Reconquête) et par Benoît Payan (Parti socialiste, les Ecologistes, Parti communiste et Printemps marseillais) sont créditées, chacune, à 34 % des intentions de vote.

Les personnes interrogées étaient invitées à répondre à la question suivante : «Si le premier tour des élections municipales avait lieu dimanche prochain à Marseille et que vous aviez le choix entre les listes suivantes, pour laquelle y aurait-il le plus de chance que vous votiez ?».
Dans ces conditions, personne ne semble être en mesure de rivaliser avec Franck Allisio et Benoît Payan puisqu’en troisième position on retrouve Sébastien Delogu (LFI) et Martine Vassal (Les Républicains, Renaissance, Horizons et UDI) avec, chacun, 14 % des intentions de vote, toujours selon le baromètre. À noter également que 14 % des personnes sondées n'ont pas exprimé d’intention de vote.
Les résultats détaillés du baromètre montrent aussi que l’intention de vote des 18-24 ans va en majeure partie à la liste conduite par Sébastien Delogu (48 %). Le député LFI séduit également les 25-39 ans (25 %), où il arrive en seconde place, derrière Benoît Payan (43 %). Par ailleurs, le maire sortant de Marseille se place en première position également chez les 40-54 ans, avec 41 % des intentions de vote, tandis que Franck Allisio se situe en tête chez les 55-64 ans (51 %) et chez les 65 ans et plus (45 %).
En outre, Benoît Payan attire 38 % des CSP+ et des CSP- tandis que Franck Allisio a l'avantage chez les inactifs avec 40 % des intentions de vote.
Concernant les affinités politiques, 61 % des personnes sondées qui disent vouloir voter pour la liste de Benoît Payan avaient déjà voté pour le Nouveau Front populaire lors du premier tour des élections législatives de 2024 et 55 % d’entre eux ont voté pour Jean-Luc Mélenchon et 42 % pour Emmanuel Macron lors du premier tour de la présidentielle de 2022.
37 % des intentions de vote pour Franck Allisio
Sans surprise, 97 % des sondés ayant voté pour Le Rassemblement national lors du premier tour des élections législatives de 2024 et 94 % des personnes ayant voté pour Marine Le Pen lors du premier tour de la Présidentielle de 2022 disent se tourner vers la liste de Franck Allisio. Ceux-ci sont en effet du même avis que 85 % des personnes ayant voté pour Eric Zemmour lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2022.
Du côté des personnes ayant voté pour Ensemble lors du premier tour des élections législatives de 2024, les choix restent indécis puisque Benoît Payan et Martine Vassal arrivent en tête avec, chacun, 38 % des intentions de vote.
Le suspens s’applique également pour les personnes ayant voté pour Les Républicains au premier tour des élections législatives de 2024. Si 55 % d’entre elles disent vouloir voter pour la liste conduite par Martine Vassal, 37 % des personnes sondées affirment toutefois privilégier la liste du candidat RN, UDR et Reconquête Franck Allisio.
Deux hypothèses ont été soumises aux personnes sondées concernant les intentions de vote pour le second tour des élections municipales de 2026 à Paris. La première est celle d’une quadrangulaire, avec une liste soutenue par LFI, une deuxième par le reste de la gauche, une troisième par LR-Renaissance-Horizons-UDI et une quatrième par le RN, UDR et Reconquête. La deuxième hypothèse est celle d’une triangulaire composée de la liste conduite par Benoît Payan, celle conduite par Martine Vassal et celle conduite par Franck Allisio.
Selon la première hypothèse, c’est la liste de Franck Allisio qui l’emporterait avec 37 % des intentions de vote. Celle-ci serait suivie de près de la liste de Benoît Payan (36 %), de celle de Martine Vassal (14 %) et de celle de Sébastien Delogue (14 %). De plus, dans ce contexte, 13 % des personnes sondées n’ont pas exprimé leur intention de vote.

En cas d’une triangulaire (deuxième hypothèse), c’est la liste conduite par Benoît Payan qui arriverait en première place avec 47 % des intentions de vote, devant Franck Allisio (38 %) et Martine Vassal (15 %). Aussi, 16 % des sondés n’ont pas exprimé leur intention de vote. Pour se maintenir au second tour des élections municipales, les candidats doivent dépasser le seuil minimal de 10 %.

La propreté de la ville, une des priorités
Bien qu’elle dispose de plages privées, de créneaux réservés aux familles et d’espaces balnéaires dans les quartiers nord, la cité phocéenne, et malgré son littoral, n’est plus perçue comme une ville propre aujourd’hui au point que les Français priorisent deux thématiques majeures selon le baromètre : la propreté de la ville (64 %) et la sécurité (60 %) à l’heure où Marseille est gangréné par le narcotrafic.


Ainsi, Franck Allisio a estimé que la priorité est de «rendre leur plage aux Marseillais. Aujourd'hui les familles et les seniors vont à Cassis, à La Ciotat ou dans le Var parce que la sécurité et la propreté ne sont plus assurées», a affirmé le député RN des Bouches-du-Rhône, dénonçant «les barbecues sauvages, le harcèlement et la consommation de drogue».
En attendant de «tripler le nombre de policiers municipaux», l'élu souhaite mettre en place des «créneaux horaires pour l'accès aux plages, comme pour les wagons sans enfant de la SNCF». Une proposition décriée, dont il accepte le surnom de «pass anti-racailles». Le député souhaite également développer une marina dotée d’hôtels, de restaurants et d’un centre de congrès.
Pour Martine Vassal, la deuxième ville de France devrait s’inspirer «du modèle italien et de ses plages privées en faisant payer les transats». «La richesse de Marseille est toujours venue de la mer et pendant trop d'années, on lui a tourné le dos au lieu d'en tirer profit», a affirmé la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Pour elle, il est hors de question de renoncer aux retombées économiques des bateaux de croisières et du fret. Néanmoins, il faut «un abord balnéaire entre l'Estaque (Nord) et les Goudes (Sud) pour se balader en contournant le port, comme au Havre».
Le député LFI Sébastien Delogu s’est «radicalement opposé aux visions développées» par Franck Allisio et Martine Vassal, estimant qu’il s’agit d’une «ségrégation sociale, voire selon l’origine, plus ou moins sous-entendue par le RN».
De son côté, Benoît Payan a mis l’accent sur la biodiversité marine, proposant d'augmenter les espaces protégés et de poursuivre son «plan posidonie», herbe marine contribuant à limiter l'érosion et à élargir la superficie des plages.
*Sondage réalisé du 16 et 23 février, en partie par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon de 1010 personnes inscrites sur les listes électorales à Marseille, issu d’un échantillon de 1450 personnes, représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.