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Prostitution : que changerait la loi portée par l’écologiste Anne Souyrus et l’insoumis Andy Kerbrat ?

Le recours à la prostitution est puni par la loi. [BERTRAND LANGLOIS / AFP]

Ce lundi 13 avril marque le dixième anniversaire de l’adoption de la loi sur la répression du système prostitutionnel en France. A contre-courant de ce mouvement répressif, le député insoumis Andy Kerbrat et la sénatrice écologiste Anne Souyris portent une proposition de loi visant à décriminaliser l’activité.

Un texte soutenu par les associations. Alors que la loi visant à criminaliser le recours à la prostitution célèbre ses 10 ans ce lundi 13 avril, la sénatrice Anne Souyris et le député Andy Kerbrat défendent une proposition de loi autour de la décriminalisation de l'activité.

Les associations Fédération Parapluie rouge, Amnesty international, Acceptess-T et le collectif NousToutes qui souhaitent une réforme de la loi de 2016, qui pénalise l’achat d’actes sexuels, militent toutes pour une «décriminalisation du travail du sexe».

«C'est ce que revendiquent toutes les travailleuses du sexe, partout dans le monde, quelle que soit leur situation», a argué Sarah-Marie Maffesoli, référente plaidoyer travail du sexe pour Médecins du Monde, lors d'une présentation à la presse.

La PPL, qui sera présentée cette semaine au Parlement et qui comprend «l'abrogation de la pénalisation des clients et plus globalement, l'abrogation des lois sur le proxénétisme», est le fruit d'une concertation auprès de 70 travailleurs et travailleuses du sexe, «une première en France» selon la sénatrice Anne Souyris.

«Cette loi, je crois qu'elle a le mérite, pour la première fois, d'avoir une vision un peu holistique de la question globale et de partir de la réalité des choses avec les gens, je crois qu'on l'a jamais fait en France, jamais», a souligné à l'AFP la parlementaire qui insiste : «Cette loi n'est pas de la promotion de la prostitution, en aucun cas».

Accorder des droits et mieux protéger

Pour Anne Souyris, il s'agit d'une loi qui «donne des droits», «d'une loi efficace et pas une loi de bonne conscience».

«C'est protéger les personnes des violences et faire en sorte qu'elles retrouvent un maximum de droits leur permettant soit de continuer en étant protégées par le droit du travail en fait, soit d'arrêter en ayant la possibilité d'arrêter», a-t-elle ajouté.

Pour Giovanna Rincon, directrice d'Acceptess-T, qui vient en soutien aux populations transgenres les plus précarisées, «l'adoption de la pénalisation des clients en 2016 a éloigné du système de santé les travailleuses et travailleurs du sexe trans, de plus en plus en rupture des soins du VIH».

Sébastien Tuller, d'Amnesty International, a abondé en ce sens. «Il y a une urgence, dix ans après la pénalisation des clients, à trouver une manière de mieux encadrer, mieux protéger la santé, la sécurité des personnes travailleuses du sexe, de lutter contre les violences», a-t-il souligné, ajoutant que la proposition est «une première étape historique» et qu'il «faudra aller plus loin».

Dans les grandes lignes, le texte s'axe autour d'un soutien aux personnes exilées en situation irrégulière, d'une protection contre les discriminations et l’exploitation, d'une prévention de la vente de services sexuels par les mineurs.

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