Le groupe de Rachida Dati a proposé ce mardi, lors d’un Conseil extraordinaire à la mairie de Paris, d’installer des caméras de vidéosurveillance dans les 620 écoles parisiennes, afin de lutter contre les violences dans le périscolaire, au coeur d'un scandale depuis plusieurs mois.
C’est la grande priorité d’Emmanuel Grégoire : lutter contre les violences dans le périscolaire, alors que la mairie de Paris est en proie à un scandale depuis plusieurs mois, avec notamment 78 animateurs suspendus depuis le début de l’année, dont 31 pour des violences à caractère sexuel. Pour ce faire, le groupe de Rachida Dati, Paris Liberté (PL), a proposé ce mardi, lors d’un Conseil exceptionnel, d’installer des caméras de vidéosurveillance à l’intérieur des 620 écoles parisiennes.
Le conseil de Paris s'est ouvert à 9h ce mardi avec l'adjointe au maire en charge des affaires scolaires et de la petite enfance, Anne-Claire Boux, qui a présenté le plan d'action de la ville pour lutter contre les violences faites aux enfants, répondant notamment à la demande de près de 700 parents d'élèves. Mais la droite parisienne, peu convaincue, a rapidement mis sur la table un autre plan, en cinq axes, avec une mesure phare : des caméras de vidéosurveillance dans les écoles.
Selon Ines de Raguenel, Conseillère de Paris et du 15e arrondissement, l’idée est «d’installer des caméras, non seulement aux abords, mais aussi à l’intérieur des écoles, dans les lieux de passage avec une visibilité notamment sur l’accès aux toilettes et sur l’entrée des salles de sieste». L’objectif, détaille l’élue d’opposition, est «de sécuriser les écoles». Le groupe propose ainsi de faire des «expérimentations» dans une «poignée d’écoles» pour que «les familles reprennent confiance».
Le groupe d’opposition souhaite accompagner ce dispositif d’un retour à la semaine de quatre jours, pour concentrer le périscolaire sur le mercredi, mais aussi de contrôles renforcés des animateurs, lors du recrutement, puis «inopinément sur le terrain», notamment via des inspecteurs dédiés et une unité psychologique qui serait en charge de faire des «tests de personnalité» pour repérer les «profils inadaptés».
Pas de consensus
Une mesure loin de faire consensus. «Combien de caméras, combien de temps seront gardées les données ? Qui les aura ? Quand les consulter ? Quand on voit que la Mairie de Paris n’arrive pas à faire en sorte que chaque école dispose d’un trombinoscope avec photos et des plannings… Alors équiper de caméras toutes les salles puis exploiter les données, ça paraît peu crédible, même si ce serait en effet dissuasif…» avance Anne, cofondatrice du collectif SOS périscolaire, dans le Parisien.
Un point de vue partagé par la FCPE 75 pour qui cette proposition sécuritaire de la droite n’est «pas à la hauteur de ce dont on a besoin pour protéger les enfants». «Cela ne me paraît ni raisonnable, ni matériellement faisable ! On préfère que la Ville de Paris investisse dans des personnels qualifiés plutôt que dans des caméras», estime Martin Raffet, le président de la FCPE 75.
Un dispositif légal ?
Reste désormais la question de la légalité. Là-dessus, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) est catégorique. Si des caméras de surveillance peuvent être effectivement installées à l’intérieur des établissements scolaires à des fins de sécurité des élèves et du personnel, elles ne pourraient filmer que les couloirs, ou encore les halls d’entrée. En aucun cas, des caméras ne pourraient filmer au sein des lieux de vie des enfants, comme proposé ce mardi par la droite parisienne.
La ville de Paris dispose actuellement de 15.000 animateurs qui s’occupent des près de 104.000 élèves de maternelle et d’élémentaire, de la cantine aux siestes et changes pour les plus jeunes, jusqu’aux fameux temps d’activités périscolaires. Depuis le début de l’année, 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour des violences à caractère sexuel. En 2025, 46 agents avaient été suspendus dont 20 pour des violences à caractère sexuel.