Sous pression, le gouvernement devrait annoncer ce mardi une série de mesures afin de réaliser jusqu’à 6 milliards d’euros d’économies. Des décisions justifiées notamment par le conflit au Moyen-Orient et une inflation grimpante.
Réunion de crise à Bercy. Le gouvernement devrait annoncer ce mardi, lors d'une réunion du comité d'alerte des finances publiques, des mesures d'économies supplémentaires pouvant aller jusqu'à six milliards d'euros pour compenser l'effet de la guerre au Moyen-Orient.
Le comité d'alerte, créé l'an dernier, se réunit 9h à Bercy autour des ministres de l'Economie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel. Doivent être présents des parlementaires, des représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale et de l'État ou des syndicats.
Créé au printemps dernier, le comité d'alerte des finances publiques s'est réuni deux fois en 2025. Le 15 avril autour du Premier ministre d'alors François Bayrou, qui avait alerté les Français sur le «piège» de la dette menaçant «la survie du pays», et le 26 juin.
L’objectif est ainsi de faire un point sur le coût de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques et alerter sur les risques de dérapage budgétaire. Les économies pourraient représenter jusqu’à 6 milliards d’euros, dont quatre pour l’État et deux pour la Sécurité sociale.
Roland Lescure et David Amiel ont plusieurs fois souligné que la guerre au Moyen-Orient entraînait un «renchérissement significatif» de la charge de la dette, «aux alentours de 4 milliards» d'euros. David Amiel évoquait début avril un surcoût de 3,6 milliards d'euros.
Des dépenses face à la crise
Le gouvernement a déjà annoncé 130 millions d'euros de dépenses de soutien face à la crise, à hauteur de 70 millions pour aider transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, et 60 millions pour renforcer le chèque énergie.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vendredi qu'un «prochain paquet d'aides» serait annoncé en mai pour les filières les plus touchées. Sous l'effet de la crise énergétique, le gouvernement de Sébastien Lecornu a par ailleurs dû revoir à la baisse la semaine dernière sa prévision de croissance, à 0,9% en 2026 (contre 1% prévu avant) et en hausse sa prévision d'inflation, à 1,9% (contre 1,3% auparavant).
Sous pression pour agir sur les dépenses, le gouvernement pourrait annoncer des annulations ou gels de crédits touchant les ministères, même si certains seraient davantage épargnés.