Décédée à l’âge de 93 ans, Bernadette Chirac s'est illustrée par ses nombreux engagements associatifs. Son implication en faveur des enfants hospitalisés avec l'opération Pièces Jaunes a notamment laissé une empreinte durable dans la mémoire des Français.
Bernadette Chirac s’est éteinte à l’âge de 93 ans, vendredi 5 juin. Figure marquante de la vie publique française, l’ancienne Première dame laisse derrière elle un héritage empreint de dévouement aux causes caritatives.
Bernadette Chirac n’a, toutefois, pas attendu d’être Première dame pour s’engager. De 1994 à 2019, elle a présidé la Fondation des Hôpitaux de Paris. Pendant 25 ans, elle a ainsi œuvré pour améliorer la qualité de vie des enfants, des adolescents et des personnes âgées hospitalisées.
«Nous réalisons de nombreux projets dans les hôpitaux pédiatriques, qui répondent à deux but. Le premier, c’est bien entendu que l’hôpital soit de très grande qualité, mais aussi un lieu de vie», déclarait ainsi Bernadette Chirac, à propos de son engagement auprès de la fondation.
Le visage emblématique de l’opération Pièces jaunes
Peu encline à poser devant les photographes, l’ancienne Première dame préférait donner de son temps. Elle a notamment repris le flambeau de l’opération Pièces jaunes, devenant le symbole et le visage de cette œuvre de bienfaisance.
Bernadette Chirac a participé elle-même à la médiatisation de l’événement. Elle s’est appuyée sur de nombreuses personnalités du show-business et du sport, comme le judoka David Douillet, la chanteuse Lorie, ou encore l’entraîneur et ancien joueur de football, Aimé Jacquet. «Elle a envie que les choses s’améliorent et comme ça ne va jamais assez vite, elle est très tonique», déclarait ainsi ce dernier à propos de l’ancienne Première dame.
L’énergie déployée par Bernadette Chirac a largement porté ses fruits. En décembre 2004, 28 millions d’euros avaient été rassemblés, après six années de collecte de pièces jaunes. La récolte de cette somme a permis l’ouverture de la Maison de Solenn, un centre d’accueil pour les adolescents qui souffrent de dépression. Un combat important pour Bernadette Chirac, sa fille aînée Laurence ayant souffert d’anorexie mentale jusqu’à sa mort prématurée, en 2016.
Lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants
Bernadette Chirac s’est aussi illustrée à la présidence de la Fondation Pompidou, un institut qui accompagne les personnes fragilisées par la maladie, le handicap ou la vieillesse.
Elle a également profité de son rôle de Première dame pour donner de la visibilité à certaines causes. En janvier 2007, huit Premières dames et reines du monde entier ont été invitées par Bernadette Chirac à se réunir au palais de l’Élysée pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants.
Le 116 000 fut créé à l’issue de cette première réunion du Comité d’honneur du Centre international pour les enfants disparus ou exploités. Il s’agit d’un numéro de téléphone unique pour les enfants disparus dans toute l’Union européenne.
Bernadette Chirac avait également à cœur de protéger le patrimoine de la France. Ainsi en 2007, elle est devenue co-présidente du comité d’honneur de l’Observatoire du patrimoine religieux.
Les nombreux engagements de Bernadette Chirac lui valurent d’être décorée de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy, en 2009. «J’accueille cette distinction comme une reconnaissance de l’action collective à laquelle j’ai participé, au service des autres, des malades et d’abord au service de ceux qui souffrent et qui ont besoin de nous», avait déclaré l’intéressée, lors de la remise de cette distinction.