Le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Olivier Sichel, a déclaré ce jeudi 11 juin qu'il s'attendait à une hausse du taux du Livret A, en raison d'une inflation qui s'est établie à 2,4 % en mai sur un an.
Une hausse déjà anticipée. Ce mercredi, le directeur adjoint de la Caisse des dépôts (CDC), Antoine Saintoyant, qui gère près de 60% de l'encours de Livret A, a déclaré qu’il s’attendait à une hausse du taux «d’ici à la fin de l’année».
Le livret A rapporte aujourd'hui 1,5 %. Cependant, Olivier Sichel «s'attend à ce que le taux qui est fixé par le ministre de l'Économie et des Finances (Roland Lescure) soit remonté le mois prochain», a-t-il déclaré à nos confrères de la chaîne Public Sénat.
La prochaine révision du taux, dont le calcul est en partie basé sur l'évolution des prix, sera décidée par la Banque de France et Bercy à la mi-juillet, pour une application à partir du 1er août.
Antoine Saintoyant a justifié cette hausse par une accélération de l’inflation. Celle-ci s’explique notamment par l’important rebond des prix de l’énergie particulièrement des produits pétroliers (+7,3% sur un an en mars, contre -2,9% en février), depuis les premières attaques contre l'Iran fin février.
Selon les chiffres publiés par la Caisse des dépôts, les Français ont retiré 740 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposé sur leur livret A en février dernier.
Les acteurs du logement social à la peine
Si elle est bénéfique pour les épargnants, une hausse du taux de Livret A n'est pas une bonne nouvelle pour les acteurs du logement social, qui voient le coût de leurs crédits évoluer en parallèle.
«Ce n’est pas la Caisse des dépôts qui le fixe. C’est une formule arithmétique, on prend la moyenne entre l’inflation et les taux courts. Cette formule donne un taux aux alentours de 1,8 %, comme malheureusement il y a une inflation qui croît», déclare le directeur général de la Caisse dépôt.
Interrogé sur le financement de six nouveaux réacteurs nucléaires, le dirigeant a évoqué une enveloppe de près de 50 milliards d'euros, à raison d'environ 4 milliards par an pendant une douzaine d'années.
Pour rappel, l'Élysée avait annoncé le mois dernier que l'argent placé sur le Livret A contribuerait à la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, dont le coût est estimé à 72,8 milliards d'euros.
La Banque de France a fait état d'un montant d'épargne financière élevé en France, à 6.590,5 milliards d'euros à la fin décembre 2025. Un record pour l'hexagone.