Alors qu'un homme présentait tous les symptômes d'une crise cardiaque lors d'un vol en provenance d'Ouganda, un cardiologue présent à bord a contribué à lui sauver la vie grâce à un outil aussi petit qu'une carte bancaire.
Il a joué sa dernière carte. Ce médecin américain est parvenu à sauver la vie d'un passager pris de violentes douleurs à la poitrine lors de son vol, grâce à un appareil pas plus grand qu'une carte de crédit.
Alors qu'il dormait paisiblement, le personnel de bord est venu réveiller le cardiologue qui revenait d'une mission en Ouganda, pour le prévenir d'une urgence. Le docteur Trad s'est alors précipité vers le passager, trempé de sueur et pris de panique à la vue de son état de santé. «Est-ce que je vais mourir ?», lui a demandé l'homme. «Pas maintenant», a répondu le cardiologue.
Un appareil de la taille d'une carte bancaire
Le médecin a alors établi son diagnostic : l'homme en face de lui était en train de faire une crise cardiaque. Une douleur que le médecin connaissait bien pour avoir lui-même survécu à un infarctus du myocarde l'année dernière.
Le docteur Trad savait également qu'il disposait des outils nécessaires pour sauver la vie du passager s'il s'agissait bel et bien d'une crise cardiaque : des médicaments et des appareils médicaux qu'il avait sur lui. Le médecin venait d'achever une mission médicale en Ouganda avec Cura for the World, une organisation qu'il a fondée et qui construit des cliniques dans les zones défavorisées.
Il avait également en sa possession un électrocardiogramme de poche, qu'il n'a jamais quitté après sa propre crise cardiaque et qu'il conserve précieusement dans son portefeuille. Cet appareil, de la taille d'une carte de crédit, aura été un outil essentiel pour comprendre les symptômes de l'homme souffrant.
Une salle d'urgence improvisée
Trois heures après le début du vol à destination d'Amsterdam, le 29 avril dernier, le médecin est parvenu à créer une salle d'urgence improvisée à travers une rangée de sièges, a allongé l'homme avec les oreillers fournis dans l'avion et a relevé ses pieds pour ramener le sang vers son cœur, tout en calmant la compagne du Néerlandais étendu sur le sol.
«Je pense que notre formation est tellement poussée que nous sommes presque entraînés à être le capitaine du navire et à calmer tout le monde autour de nous», a déclaré le cardiologue à la chaîne de télévision américaine CNN.
Après avoir écarté les complications liées à la glycémie et aux caillots sanguins, le médecin a utilisé son ECG personnel, un électrocardiogramme qui mesure l'activité électrique du cœur, à la recherche de battements anormaux, ou d'arythmies, pour déterminer si l'homme était en train de faire une crise cardiaque. «La manifestation ultérieure d'une crise cardiaque est une arythmie. C'est ainsi que les gens meurent», a expliqué le médecin, qui lui a également administré cinq médicaments typiquement utilisés dans le cadre d'une crise cardiaque.
Dans les 45 minutes qui ont suivi la prise du traitement, les douleurs thoraciques et le rythme cardiaque du passager ont commencé à s'améliorer, a indiqué le médecin.
L'état de santé du passager est resté stable pendant les deux heures de vol restantes. Sa douleur thoracique est réapparue alors que l'avion était sur le point d'atterrir, mais un traitement médicamenteux supplémentaire est parvenu à le soulager. Une fois posés sur le sol, le couple néerlandais n'a eu de cesse de remercier le médecin. «Ils m'ont dit que j'étais leur ange dans le ciel», se souvient le cardiologue.