Se faire opérer pour ressembler à un filtre Snapchat, une tendance alarmante aux Etats-Unis

Les filtres Snapchat, particulièrement plébiscitées par les influenceuses françaises, inquiètent les spécialistes américains [Capture Snapchat / @nabilla.v @sananas-2106 @shogunnette]

Trois chercheurs américains alertent sur les effets pervers des filtres Snapchat. Et pour cause, de plus en plus de leurs patients présentent des complexes vis-à-vis de leur double virtuel. 

Un filtre qui rend la peau plus lisse, donne des oreilles de chien, une couronne de fleurs, des grands yeux ou une bouche pulpeuse, c'est la singularité du réseau social Snapchat, particulièrement plébiscité par la jeune génération. 

Les trois médecins américains du département de dermatologie de l'université de Boston mettent en garde contre de potentiels troubles déclenchés et alimentés par cette technologie, rapporte le site Inverse, notamment sur une nouvelle forme de dysmorphophobie.

Cette pathologie mentale est principalement caractérisé par l'angoisse, voire la phobie associée à un défaut du corps, réelle ou imaginaire, allant du basique complexe à la névrose obsessionnelle. 

Si auparavant de jeunes américains venaient en consultation de chirurgie esthétique, une photo de leur célébrité favorite à la main, c'est maintenant leur propre visage, transformé, pris en selfie sous un certain angle qu'ils recherchent. A travers ce nouveau phénomène, baptisé par les chercheurs «Snapchat dysmorphia», les patients cherchent à ressembler à des versions filtrées d'eux-mêmes, avec des lèvres plus pleines, des yeux plus grands ou un nez plus fin.

«Les modèles et les acteurs ont toujours été affichés comme des êtres parfaits dans les magazines et les publicités, alors que le grand public n'avait pas facilement accès à des méthodes pour modifier sa propre apparence, explique le Dr Neelam Vashi, l'un des trois médecins, auteure d'un article pour la revue Journal of the American Medical Association (...) maintenant, ce ne sont pas seulement les célébrités qui propagent les standards de beauté : c'est un camarade de classe, un collègue ou un ami.»

La spécialiste cite une précédente étude de l'American Academy of Facial and Reconstructive Plastic Surgery, qui révèle que 55% des chirurgiens ont déjà été confrontés à ce type de demande en 2017, contre 42% deux ans plus tôt. 

«Je vois passer beaucoup d'images qui sont juste complétement irréalistes, poursuit la spécialiste et cela crée des attentes irréalistes pour les patients parce qu'ils essaient de ressembler à une version fantasmée d'eux-mêmes», précise-t-elle. 

«Ceci est une tendance alarmante parce que ces selfies filtrés présentent souvent un aspect inaccessible et brouillent la ligne de la réalité et de la fantaisie pour ces patients», décrit-le médecin avant d'appeler ses confrères à ne pas recommander une chirurgie dans ce cas. 

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