«Traître, on va s'occuper de toi» : le contenu de l'enregistrement du meurtre de Jamal Khashoggi dévoilé

Le journaliste dissident saoudien, Jamal Khashoggi, a disparu, le 2 octobre dernier. [Yasin Akgul / AFP].

Le site d'information Haberturk a publié, ce mardi 20 novembre, plusieurs verbatims issus de l'enregistrement sonore réalisé au consulat d'Arabie saoudite d'Istanbul (Turquie), révélant ainsi des détails effroyables sur l'assassinat de Jamal Khashoggi.

Les extraits en question permettent notamment d'apprendre que le journaliste saoudien aurait été pris par le bras dès son entrée à «l'unité A» du consulat, le service des visas de son pays, le 2 octobre dernier, jour de sa disparition.

Habertuk affirme ensuite qu'on entend l'éditorialiste du Washington Post distinctement crier : «Lâchez-moi ! Qu'est ce que vous faites ?», avant d'être emmené de force par quatre hommes dans une autre aile de la représentation diplomatique.

Parmi eux il y aurait eu le consul Mohammad al-Otaibi et, surtout, Maher Abdulaziz Mutreb, qui était à la tête de l'équipe de 15 hommes envoyées à Istanbul pour liquider le journaliste dissident, affirme Haberturk.

«Traître, on va s'occuper de toi»

Puis, ce dernier aurait lancé à l'attention de Khashoggi : «traître, on va s'occuper de toi», avant de lui promettre une «peine méritée». Les sept minutes que durent au total les enregistrements feraient revivre des scènes de lutte et de torture. 

Le site précise enfin que 19 coups de téléphone entre le quartier général du consulat et l'Arabie Saoudite auraient été passés dans la foulée. L'un des destinataires n'étant rien de moins que Saud al-Qahtani, conseiller de Mohammed ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite. 

Alors que le corps de Jamal Khashoggi n'a toujours pas été retrouvé, le monarque s'apprête à quitter son pays pour la première fois depuis les faits.

Il doit, vendredi 23 novembre, débuter une tournée à destination des Emirats arabes unis, du Bahrein et de l'Egypte. Il prendra ensuite la direction de l'Argentine pour le G20. 

De son côté, le président américain Donald Trump n'a pas exclu que le prince héritier ait été au courant du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, mais a affirmé que cela ne menacerait pas la relation «inébranlable» que les Etats-Unis entretiennent avec l'Arabie saoudite.

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