Elections européennes : les candidats élus les plus inattendus

Petite-fille du dictateur italien Benito Mussolini, Alessandra Mussolini a été élue députée européenne en 2004 puis en 2014. Petite-fille du dictateur italien Benito Mussolini, Alessandra Mussolini a été élue députée européenne en 2004 puis en 2014. [ANDREAS SOLARO / AFP]

Depuis les premières élections européennes au suffrage universel direct en 1979, ces différents scrutins ont vu l'élection de candidats pour le moins insolites, d'un ancien footballeur à la petite-fille de Mussolini en passant par un prêtre orthodoxe.

Alessandra Mussolini

Petite-fille du dictateur fasciste italien Benito Mussolini (à la tête du pays entre 1922 et 1943), Alessandra Mussolini, 56 ans, est élue eurodéputée en 2004, sous la bannière du parti d'extrême-droite qu'elle avait créé pour «défendre l’héritage mussolinien», l’Alternative sociale. En 2007, elle entre dans le groupe politique européen de Bruno Gollnisch (Front national, devenu Rassemblement national), Identité, tradition et souveraineté, qu’elle fait éclater quelques mois plus tard. Après qu'elle a fait un amalgame entre délinquants roms et Roumains, cinq députés roumains du groupe décident de claquer la porte, ce qui provoque sa dissolution pour manque d’effectifs.

En 2014, elle est de nouveau élue députée européenne, cette fois-ci sous l'étiquette du parti de l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui appartient au groupe politique européen PPE (centre-droit). Avant cette carrière politique, Alessandra Mussolini, qui est aussi la nièce de l'actrice Sophia Loren, a eu une autre vie. Dans les années 1980, elle présentait une émission du dimanche à la télévision italienne, avant de tourner dans une dizaine de téléfilms, de poser nue pour le magazine Playboy ou encore de pousser la chansonnette sur un 33-tours sorti uniquement au Japon.

Mitro Repo

Célèbre pour sa jovialité et son sens de l'humour qui lui ont ouvert les portes de la télévision dans son pays, Mitro Repo est un prêtre orthodoxe finlandais, plus connu sous le nom de «Père Mitro», qui décide en 2009 de se présenter aux européennes. Sollicité par six partis politiques selon lui, il choisit finalement les sociaux-démocrates. Furieuse, son église le suspend de ses fonctions et lui interdit de porter sa soutane pendant sa campagne et son éventuel mandat, car la tradition orthodoxe interdit aux prêtres de s'engager politiquement.

Mais le père refuse d'ôter son habit religieux. «Pas question d'enlever ma soutane, je ne la quitte jamais !», lance-t-il. Il est finalement élu, mais est rattrapé pour son goût pour la bonne chère et son comportement déplacé envers les femmes. Cela ne l'empêche pas de se représenter en 2014 sous les couleurs du SDP, le parti social-démocrate, avec lequel il essuie un échec.

Theodoros Zagorakis

Rentré dans l'histoire de son pays en 2004, en étant le capitaine de l'équipe de Grèce championne d'Europe de football pour la première fois - et jusqu'à maintenant la seule - de son histoire, Theodoros Zagorakis connaît le même succès en politique dix ans plus tard, en 2014. A l'âge de 43 ans, il est élu eurodéputé, en compagnie de quatre autres membres de Nouvelle Démocratie, son parti conservateur grec.

Il siègera donc dans l'hémicycle européen jusqu'en mai prochain, avant peut-être de se représenter, lui qui est aussi célèbre dans son pays que Zinedine Zidane en France. «Les Grecs du Parlement s’inclinent lorsqu’ils le croisent», a assuré au Monde en juin 2016 son assistant, Ilias Iordanidis.

Edouard Martin

Figure de la contestation contre la fermeture de l'usine sidérurgique ArcelorMittal de Florange (Moselle) en 2012, Edouard Martin troque en 2014 ses habits de syndicaliste CFDT pour ceux de député européen. Il est en effet élu cette année-là au Parlement européen, sous les couleurs du Parti socialiste (PS), en tant que tête de liste de la région Grand Est.

Un passage «de l'autre côté de la barrière» vécu comme une trahison par certains de ses ex-collègues syndicalistes et par plusieurs personnalités de la droite. Comme il l'avait promis lors de son élection il y a cinq ans, Edouard Martin a décidé de ne pas se représenter en mai prochain. «Pour moi, la politique, ce n'est pas un métier. Je l'ai toujours dit et dénoncé. Cinq ans de mandature, c'est honorable», a-t-il expliqué à France 3 en novembre dernier.

Ari Vatanen

L'ancien pilote finlandais Ari Vatanen, champion du monde des rallyes en 1981 et quadruple vainqueur du Paris-Dakar (1987, 1989, 1990 et 1991), est élu eurodéputé en 1999, soit un an après la fin de sa carrière, sur la liste du parti conservateur de son pays, Kokoomus.

Il est réélu cinq ans plus tard, en 2004, mais cette fois-ci en France sur la liste de l'UMP (devenu Les Républicains), puisqu'il réside à l'époque dans le Sud-Est. Non reconduit par le parti de droite pour les européennes de 2009, il se présente tout de même en Finlande, de nouveau sur la liste du Kokoomus, mais n'est pas réélu.

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