Ambassade américaine à Jérusalem : quel bilan un an après ?

Ivanka Trump lors de l'inauguration de l'ambassade américaine de Jérusalem en 2018 Ivanka Trump lors de l'inauguration de l'ambassade américaine de Jérusalem en 2018. [Menahem KAHANA / AFP]

Un anniversaire particulier. Le 14 mai 2018, l'ambassade américaine en Israël quittait Tel Aviv pour être officiellement inaugurée à Jérusalem. Cette décision, prise par Donald Trump, allait alors à l'encontre de la volonté d'une grande partie de la communauté internationale, qui considère Jérusalem comme une ville neutre.

Depuis, un certain nombre de pays ont affirmé vouloir suivre le mouvement en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël et en installant leur ambassade dans la ville, comme le Brésil ou même la Roumanie. Mais seul le Guatemala possède son bâtiment diplomatique à Jérusalem. Le Paraguay, qui avait suivi, est revenu en arrière après un changement de président. 

Un «accord ultime» pour un statu quo ? 

Mais plus qu'un jeu diplomatique, cette décision de l'administration Trump a mis en difficulté un processus de paix déjà au point mort. Une paix entre Palestiniens et Israéliens n'a presque jamais semblé aussi loin, et l'augmentation des violences s'est ressentie au long de l'année qui a suivi l'inauguration de l'ambassade.

Malgré tout, le président américain a maintenu qu'il allait mettre au point un plan de paix, un «accord ultime», pour ramener de la stabilité à la région. Préparé par Jared Kushner, conseiller spécial et gendre de Donald Trump, ce plan sera présenté début juin, après le ramadan

Cependant, il soulève peu d'espoirs. Benjamin Netanyahou a acquis une telle complicité avec son homologue américain qu'il semble peu probable que la proposition d'accord soit très contraignante pour Israël. Entre le Golan, reconnu comme territoire israélien, l'ambassade à Jérusalem ou l'arrêt du financement de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, Donald Trump a en effet offert beaucoup de cadeaux diplomatiques aux Israéliens, aux dépens de l'Autorité palestinienne. 

«Ses actes n'ont fait qu'attiser les tensions. Il s'est disqualifié auprès de la Palestine et des pays arabes, sans qui il n'y aura pas d'accord», regrettait Ofer Bronstein, président du Forum international pour la paix, quelques heures après la réélection de Benjamin Netanyahou en avril 2019.

Certains observateurs craignent par ailleurs que la date du 14 mai ne fasse qu'exacerber les tensions, et relance des manifestations violentes. En effet, en 2018, plus de 60 Palestiniens avaient trouvé la mort dans des affrontements avec l'armée israélienne lors de manifestations contre le transfert de l'ambassade américaine. Quelques jours après un cessez-le-feu signé entre le Hamas et le gouvernement israélien, il n'est donc pas impossible de voir les tensions de nouveau augmenter dans le sud du pays. 

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