Les faits les plus insolites des élections européennes

Au Royaume-Uni, la soeur d'une figure pro-Brexit se présente aux élections européennes sur la liste d'un parti anti-Brexit. Au Royaume-Uni, la soeur d'une figure pro-Brexit se présente aux élections européennes sur la liste d'un parti anti-Brexit. [Paul ELLIS / AFP]

Les Européens s'apprêtent à affluer dans les bureaux de vote pour les européennes (23-26 mai). Ancien ministres candidats à l'étranger, subventions pour aller voter, lutte fratricide sur le Brexit... Tour d'Europe des faits les plus insolites de ce scrutin.

D'anciens ministres candidats loin de leurs bases

Lors de ces européennes 2019, trois anciens membres de gouvernement se présentent en dehors de leur pays. Une première. En France, Sandro Gozi, ancien sous-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes en Italie, est en 22e position sur la liste de La République en marche (LREM), alliée au MoDem et à Agir.

L'ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis est de son côté candidat en Allemagne, un pays avec lequel il s'était violemment opposé lors de la crise grecque en 2015. Il mène en effet la liste de la Démocratie en Europe, un parti politique allemand, qui fait partie de DiEM25, le mouvement européen transnational qu’il a initié début 2016 et qui soutient la formation Génération.s en France.

Enfin, l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances polonais Jacek Rostowski est candidat au Royaume-Uni sous l'étiquette du nouveau parti Change UK, récemment créé par d'ex-membres europhiles des partis conservateur et travailliste.

41 listes en Allemagne

Alors que la France a battu son record de listes aux européennes (34), l'Allemagne a fait encore plus fort. Pas moins de 41 listes ont en effet été validées par la commission électorale allemande, dont certaines sont assez farfelues. L'une prône par exemple l'amour, alors qu'une autre présente un programme basé sur la spiritualité. Le précédent record outre-Rhin datait de 2009, avec 31 listes.

Cette profusion s'explique notamment par le fait qu'en Allemagne, contrairement à la France, il n'existe pas de seuil électoral (il est fixé à 5 % en France), depuis une décision de la Cour constitutionnelle fédérale en 2014. Ainsi, un parti obtenant moins de 1 % des suffrages peut espérer décrocher un siège au Parlement européen. Il y a cinq ans, sept partis ayant recueilli entre 0,6 % et 1,5 % des voix outre-Rhin ont réussi cette performance.

Des subventions pour aller voter à Malte

A Malte, petit archipel situé entre la Sicile et l'Afrique du Nord, le vote électronique, par correspondance ou par procuration n’est pas autorisé. Il est donc obligatoire de se déplacer pour voter. Pour les européennes 2019, les électeurs peuvent soit le faire le jour des élections le 25 mai, soit par anticipation le 18 mai.

Mais le gouvernement maltais fait tout pour que ses citoyens se rendent aux urnes. Il va ainsi subventionner les billets d'avions de ceux se trouvant à l'étranger à ce moment-là, comme il le fait à chaque scrutin national ou européen. Lors des dernières élections générales maltaises, en juin 2017, plus de 1 700 électeurs vivant à l'étranger (majoritairement à Bruxelles et au Royaume-Uni) ont profité de ce système et se sont vus proposer des billets à 90 euros.

Un système de subventions qui semble fonctionner, puisque le taux de participation moyen s'est élevé à près de 79 % lors des trois précédentes élections européennes (environ 42 % en France), ce qui fait de Malte le pays sans vote obligatoire avec le taux de participation le plus élevé.

Au Royaume-Uni, le brexit déchire une famille

Une bataille fratricide. Au Royaume-Uni, Rachel Johnson, soeur de Boris Johnson, l'un des chefs de file des pro-Brexit lors de la campagne pour le référendum de 2016 (et prétendant à la succession de Theresa May), est candidate aux prochaines élections européennes.

Mais les opinions politiques ne semblent pas de famille chez les Johnson, puisque la journaliste se présente sous l'étiquette du tout nouveau parti Change UK, qui milite pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE et pour l'organisation d'un second référendum. «Je suis sûre que Boris comprend pourquoi ce n'est pas un vote contre Boris», a-t-elle déclaré. Les repas de famille risquent tout de même d'être tendus...

Deux jours pour voter en République tchèque

La République tchèque est le seul pays de l'UE où les électeurs auront le choix entre deux jours pour voter aux élections européennes. Les bureaux de vote ouvriront en effet vendredi 24 mai à 14 heures, et fermeront samedi 25 mai à 14 heures.

En France, l'élection se déroulera dimanche 26 mai, de 8 heures à 18 heures (jusqu'à 20 heures dans plusieurs grandes villes comme Paris), sauf dans certains territoires d'outre-mer, où le scrutin aura lieu samedi 25 mai.

Des bureaux de vote ouverts jusqu'à 23 heures en Italie

L'Italie va faire durer le plaisir. La Botte est l'Etat de l'UE où les bureaux de vote fermeront le plus tard dimanche 26 mai. Ils seront en effet ouverts jusqu'à 23 heures (contre 20 heures au plus tard en France), comme à chaque scrutin national.

Conséquence, aucun résultat officiel ne pourra être publié en Europe avant cet horaire. Mais des estimations et des sondages de sortie d'urnes pourront être diffusés à partir de 20 heures, même s'ils fuitent souvent avant.

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