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Ouragan Melissa : qu'est-ce que la catégorie 5, le rang des tempêtes le plus élevé ?

Des vents destructeurs et des inondations catastrophiques sont redoutées en Jamaïque. [REUTERS/Octavio Jones]

Melissa est passé au niveau 5, le seuil maximum de menace pour un ouragan, ce lundi 27 octobre. La Jamaïque est en première ligne. Voici ce qu'il faut savoir sur l'échelle de Saffir-Simpson qui mesure l'intensité d'une telle tempête.

Melissa continue sa route destructrice. Les Caraïbes sont touchés par un ouragan de catégorie 5, la plus élevée, a annoncé ce lundi 27 octobre l'agence américaine des ouragans. Vents à 260 km/h, plus de 1.000 litres d'eau par mètre carré, éboulements de terrain, les dégâts en Jamaïque promettent d'être considérables. 

«Melissa est maintenant un ouragan de catégorie 5. Les vents destructeurs, la tempête et des inondations catastrophiques s'aggraveront progressivement en Jamaïque tout au long de la journée et jusqu'à ce soir», a indiqué lundi 27 octobre sur son site internet le NHC, basé à Miami aux Etats-Unis. 

En météorologie, les scientifiques classent les ouragans sur une échelle de 1 à 5 sur l'échelle dite de Saffir-Simpson, permettant de décrire l'intensité des tempêtes. Les ouragans de catégorie 5 génèrent des vents supérieurs à 249 kilomètres par heure, selon cette classification, rappelée par Météo-France.

Outre les vents dévastateurs, ce type d'ouragan peut s'accompagner de pluies torrentielles et de catastrophiques montées des eaux, provoquant des inondations semblables à des tsunamis, lorsqu'ils frappent les côtes. Comme l'indique le National Hurricane Center, 1.000 litres d'eau sont attendus par mètre carré en Jamaïque sur trois jours.

A titre d'exemple, en 2019, les vents de l'ouragan Dorian avaient frôlé les 300 km/h, un niveau sans équivalent dans l'histoire des Bahamas, selon le Centre national des ouragans américain (NHC).

Ce type de cyclone devient aussi plus fréquent : on en a observé un chaque année depuis 2015, soit une série record. Ils étaient beaucoup plus rares auparavant.

Petites et grosses tempêtes

En 2016, l'ouragan Matthew fut le premier cyclone de catégorie 5 à sévir sur l'Atlantique depuis 2007. Autre ouragan de catégorie 5, Irma, qui a dévasté les Caraïbes et le sud des Etats-Unis en septembre 2017. 

Particulièrement violent, l'ouragan Katrina - également de catégorie 5 - a provoqué le décès de plus de 1.800 personnes sur la côte du Golfe des États-Unis en 2005. 

En comparaison, l'ouragan Florence en 2018 a été rétrogradé en catégorie 1, avant de toucher les côtes de Caroline du Nord et de Caroline du Sud, bien qu'il fut toutefois extrêmement dangereux.

«Un événement de moindre catégorie peut donc être dangereux et faire de gros dégâts», expliquait Emmanuel Bocrie, prévisionniste à Météo-France, interrogé à l'époque. 

Moins puissant, Florence avait toutefois charrié des pluies diluviennes dans les terres déjà gorgées d'eau en Caroline du Nord, Caroline du Sud et dans l'ouest de la Virginie, causant des inondations et laissant plus de 480.000 foyers sans électricité. 

Vers une augmentation des ouragans violents ?

En 2018, une série de tempêtes particulièrement violentes, incluant l'ouragan Florence en septembre et l'ouragan Michael un mois plus tard, ont tué des dizaines de personnes et ont occasionné quelque 32 milliards de dollars (29 milliards d'euros) de dommages en Caroline du Nord, Caroline du Sud et Floride. L'ouragan Michael est considéré comme la tempête la plus puissante à avoir frappé les États-Unis depuis 1969. 

En mai, l'Agence océanique et atmosphérique américaine NOAA avait prédit pour 2019 une saison des ouragans «proche de la normale» dans l'Atlantique. Mais les autorités encouragent les Américains à se tenir prêts à faire face à ces phénomènes, alors que plus de 80 millions de personnes vivent dans des zones considérées à hauts risques, même s'ils n'habitent pas directement sur les côtes. En effet, pour les habitants, la principale menace sont majoritairement les inondations, plus que les vents violents.

Les scientifiques estiment depuis longtemps que le réchauffement climatique devrait rendre à l'avenir les tempêtes tropicales encore plus destructrices, une réalité d'ores et déjà visible, selon certains d'entre eux. 

L'augmentation de la température des océans, principale cause de l'intensification des ouragans, et la montée du niveau de la mer pourraient aussi mettre à mal les dispositifs de défense côtière.

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