Plus d'une quinzaine d'experts en droits humains de l'ONU ont demandé lundi que les mesures d'urgence prises par les pays face au virus ne soient pas utilisées pour «écraser la dissidence», réclamant leur abrogation là où l'épidémie est en déclin.
«Tout en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire actuelle et que l'utilisation des pouvoirs d'urgence est autorisée par le droit international en réponse à des menaces importantes, nous rappelons d'urgence aux Etats que toute réponse d'urgence au coronavirus doit être proportionnée, nécessaire et non discriminatoire», ont déclaré ces experts indépendants, qui sont nommés par les Nations unies mais ne parlent pas au nom de l'ONU.
Ils estiment que l'utilisation de ces pouvoirs d'urgence doit être annoncée publiquement et notifiée aux organes internationaux, qui surveillent le respect des traités concernés «lorsque les droits fondamentaux, notamment la liberté de mouvement, la vie familiale et le droit de réunion, sont considérablement limités».
Ne pas cibler des personnes en particulier
Leur appel fait écho à celui de la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, qui a demandé à plusieurs reprises que les mesures prises par les pays pour lutter contre la propagation de l'épidémie du Covid-19 respectent les droits humains et soient proportionnées au risque évalué.
«Les restrictions prises pour répondre au virus doivent être motivées par des objectifs légitimes de santé publique et ne doivent pas être utilisées simplement pour écraser la dissidence», ont souligné les experts de l'ONU, parmi lesquels figurent le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'Homme, Michel Forst.
rétablir la «vie normale» dès que possible
Ces mesures «ne doivent pas servir (...) pour cibler des groupes, des minorités ou des individus particuliers», ont-ils insisté. «Pour éviter que de tels pouvoirs excessifs ne soient intégrés dans les systèmes juridiques et politiques, les restrictions devraient être étroitement adaptées et constituer le moyen le moins intrusif possible pour protéger la santé publique», ont-ils également appelé.
Aussi, ils demandent aux pays où l'épidémie est en déclin de chercher à rétablir la «vie normale», et d'éviter de «recourir de manière excessive aux pouvoirs d'urgence pour réglementer indéfiniment la vie quotidienne».
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