C'est l'élection qui polarise toute l'attention. Ce mardi 3 novembre, les Américains se rendent aux urnes pour décider qui de Donald Trump ou Joe Biden sera leur président pour les quatre prochaines années. Mais ils voteront également par la même occasion pour d'autres scrutins, dont certains s'avèrent tout aussi importants - voire davantage - que la présidentielle.
le Renouvellement d'une large partie du Congrès
Lieu du pouvoir législatif aux Etats-Unis, le Congrès, composé de deux chambres - la Chambre des représentants et le Sénat -, sera en grande partie renouvelé ce mardi 3 novembre. Les 435 sièges de la Chambre des représentants sont en effet remis en jeu, comme tous les deux ans, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat, qui seront pourvus pour six ans.
Sans majorité dans les deux chambres, il est très difficile pour un président de mettre en oeuvre son agenda politique. Selon les sondages, les démocrates devraient conserver leur majorité à la Chambre des représentants, acquise lors des élections de mi-mandat (les «midterms») en 2018. Cela s'annonce plus serré au Sénat, où les républicains dominent pour l'instant d'une courte tête (53 sièges contre 47). Le découpage électoral leur est défavorable, puisque, sur les 35 sièges renouvelés, 23 appartiennent aux républicains et 12 aux démocrates.
Dans l'hypothèse où Joe Biden remporte la présidentielle, avec dans le même temps les démocrates qui conserveraient leur majorité à la Chambre des représentants et s'empareraient du Sénat, l'ancien vice-président de Barack Obama aurait alors les mains libres pour faire passer ses réformes les plus progressistes, sur le climat, l'immigration ou l'économie. C'est grâce à sa majorité dans les deux chambres que Barack Obama avait par exemple réussi en 2010 à faire adopter son emblématique réforme du système de santé américain, appelée «l'Obamacare».
De nouveaux gouverneurs dans plusieurs Etats
Dans 11 Etats américains (sur 50), les électeurs devront également choisir ce mardi leur prochain gouverneur, soit le personnage politique le plus puissant à l'échelle de l'Etat. Selon la Constitution américaine, les gouverneurs disposent en effet de toutes les prérogatives qui ne sont pas expressément dévolues au gouvernement fédéral.
Parmi elles, la compétence en matière de politique sanitaire, illustrée par la pandémie de coronavirus. Cette dernière a mis en lumière le pouvoir des gouverneurs, qui ont librement pu décider de confiner leur population ou de fermer certains lieux publics. Certains ont même vu leur popularité bondir à la faveur de cette crise, tels qu'Andrew Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York, qui s'est régulièrement accroché avec Donald Trump. En pleine seconde vague épidémique, ces élections gouvernatoriales s'avèrent donc cruciales. Selon les sondages, sur les 11 Etats qui votent, le résultat est incertain dans seulement deux ou trois d'entre eux (le Montana, le Missouri, voire la Caroline du Nord), les autres étant considérés comme quasiment gagnés d'avance pour les démocrates ou les républicains.
De nombreuses élections locales
Ce mardi, des milliers de postes d'élus locaux seront également renouvelés, au niveau des Etats, des comtés ou des villes. Des scrutins moins médiatisés, mais tout aussi essentiels pour la vie quotidienne des Américains. Dans des dizaines de villes des Etats-Unis, les électeurs devront par exemple élire leur maire et leur conseil municipal. Parmi elles, quelques cités importantes, comme San Diego (Californie), Phoenix (Arizona) ou Baltimore (Maryland). Des millions d'Américains voteront également pour des shérifs, des juges ou pour les membres des assemblées législatives des Etats.
Des référendums locaux
Dans une trentaine d'Etats américains, les électeurs devront également trancher des référendums locaux. Sur la centaine de mesures présentées figure par exemple dans quatre Etats (Arizona, Montana, New Jersey et Dakota du Sud) la légalisation du cannabis à usage récréatif, déjà décrétée dans onze Etats américains.
Dans le Mississippi, les citoyens devront entériner ou non le changement de drapeau de l'Etat. Les élus locaux ont décidé en juin d'abandonner leur étendard, qui était le dernier des Etats-Unis à encore arborer un symbole des troupes confédérées et esclavagistes. Un nouveau drapeau a été dessiné, orné d'un magnolia, symbole de l'Etat, qui est soumis au vote des habitants ce mardi.
En Californie, pas moins de 12 propositions figurent sur le bulletin de vote, dont les plus remarquées concernent la requalification des chauffeurs et livreurs indépendants travaillant pour des plates-formes telles Uber en employés, ou encore le rétablissement de l'«affirmative action», c'est-à-dire du principe de discrimination positive. Quelques mois après l'explosion du mouvement Black Lives Matter à la suite de la mort de George Floyd et de Jacob Blake, des mesures pour réformer la police seront soumises à l’assentiment des électeurs dans plusieurs comtés et villes du pays, à Portland, Los Angeles et San Francisco notamment.
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