Donald Trump n'est officiellement plus président des Etats-Unis. Joe Biden a succédé officiellement au milliardaire républicain à la tête des Etats-Unis. Mais une chose est sûre, malgré son départ de la Maison Blanche, Donald Trump n'a pas fini de faire parler de lui.
Lorsque Joe Biden a prêté serment à Washington, celui qui a désormais le statut d'ex-président était loin. Refusant d'assister à la cérémonie d'investiture de son successeur, une première depuis 1869, Donald Trump se trouvait en Floride, à Palm Beach, pour commencer sa vie d'après, dans son luxueux complexe de Mar-a-Lago. Il ne risque pas de se sentir seul, car une grande partie du clan Trump va aussi déménager dans le «Sunshine State» : son fils Donald Jr et sa compagne Kimberly Guilfoyle, sa fille Ivanka et son mari Jared Kushner, avant peut-être sa fille Tiffany et son fiancé Michael Boulos.
Après quatre intenses années au pouvoir, Donald Trump n'aura pas le loisir de décompresser, au moins dans un premier temps. Il doit faire face à un nouveau procès en destitution au Sénat, son deuxième, pour «incitation à l'insurrection», après l'assaut du Capitole par des militants pro-Trump le 6 janvier dernier. Aucun calendrier n'a pour l'instant été communiqué. Lors de son premier procès en «impeachment», en février 2020, dans le cadre de l'affaire ukrainienne, Donald Trump avait été acquitté à l'issue de deux semaines d'audience.
De nombreux ennuis avec la justice attendent également l'homme d'affaires de 74 ans une fois son immunité judiciaire levée. Il est notamment visé par deux enquêtes à New York, l'une pour de possibles faits de fraude fiscale, d'arnaque à l'assurance et de manipulations comptables, l'autre pour déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs, pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux.
Donald Trump pourrait également être poursuivi pour de possibles violations des règles de financement des campagnes électorales. Dans ce dossier, son ancien avocat Michael Cohen a été condamné à trois ans de prison en 2018 après avoir reconnu avoir acheté le silence de deux ex-maîtresses présumées de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2016. Sans compter les autres fronts judiciaires qui pourraient s'ouvrir, liés à ses histoires d'impôts non payés, révélés par le New York Times, d'obstruction à la justice dans le cadre de l'affaire russe, de pressions sur un élu de Géorgie en charge des élections, ou encore d'agressions sexuelles.
Trump 2024 ?
Malgré sa défaite et son âge avancé, Donald Trump ne compte pas abandonner la politique. Selon plusieurs médias américains, il souhaiterait de nouveau se présenter à la présidentielle, dans quatre ans. L'intéressé n'a pour l'instant rien annoncé officiellement, mais semble multiplier les allusions à un retour au premier plan. «Je reviendrai d'une manière ou d'une autre», a-t-il promis ce mercredi avant de s'envoler pour la Floride.
Les violences au Capitole le 6 janvier dernier pourraient compliquer ses projets. Son rôle dans cette insurrection est pointé du doigt, y compris dans son propre camp, qui semble prêt à lâcher son champion. Donald Trump pourrait carrément être empêché légalement de se présenter en 2024. Si les sénateurs votent sa destitution - une majorité des deux tiers est nécessaire -, ils pourraient ensuite organiser un nouveau vote, à la majorité simple, pour rendre Donald Trump inéligible.
En véritable homme de télévision, Donald Trump compte bien continuer de capter la lumière dans les années à venir. Mi-novembre, le site d'information Axios a révélé qu'il voulait lancer son propre média numérique, pour concurrencer et «démolir» Fox News, son ancienne chaîne TV favorite, qui a pris ses distances avec le milliardaire depuis la présidentielle du 3 novembre. Un média à lui, avant son propre parti ? Ce mercredi, le Wall Street Journal a mis au jour des discussions entre Donald Trump et des proches sur la possibilité de créer une nouvelle formation politique, le «Parti patriote».
Les déclarations d'élus de son camp, dont le puissant Mitch McConnell, leader des républicains au Sénat, mettant en cause Donald Trump dans les violences au Capitole, n'ont visiblement pas plu au président sortant, dont la cote de popularité reste malgré tout très élevée chez les électeurs du «Grand Old Party» : 82 % selon le dernier sondage de l'institut Gallup. Un départ du parti républicain, qu'il a façonné à son image durant les quatre années de sa présidence, semble donc improbable à l'heure actuelle.

![La deuxième mise en accusation de Donald Trump est historique. [MANDEL NGAN / AFP] La deuxième mise en accusation de Donald Trump est historique](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_8ym6ke_60004d9f5ee2a.jpg?itok=_A3XPWgk)