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Pape Léon XIV : quels sont les grands défis diplomatiques qui attendent le souverain pontife face à un monde en guerre ?

Le pape Léon XIV dispose du réseau diplomatique le plus étendu au monde. [Vatican Media/Francesco Sforza/Handout via REUTERS]

Léon XIV a été élu pape ce jeudi par les cardinaux électeurs. Parmi tous les défis qui l'attendent, le nouveau souverain pontife devra affronter un monde dans lequel les conflits se multiplient.

Un ambassadeur pour la paix. Depuis ce jeudi, l'Eglise catholique à un nouveau chef en la personne de Léon XIV. S'il a pour rôle de rassembler l'ensemble des fidèles malgré leur divergence, il est aussi leur représentant aux yeux du monde entier.

Le nouveau souverain pontife aura donc un rôle diplomatique important à jouer. Sa carrière religieuse effectuée dans le monde entier, débutée à Chicago, poursuivie au Pérou et à Rome, lui sera précieuse. 

Sa maîtrise de plusieurs langues, à savoir l'anglais, l'espagnol, l'italien, le français et le portugais, lui permettra également d'adresser à une majorité de personnes.

Le rôle diplomatique prépondérant du Vatican

Surtout, l'élection au pontificat de François, le 13 mars 2013, avait remis en avant le rôle diplomatique du Vatican. Le pape argentin avait fait de l'arrêt des conflits l'un de ses engagements les plus forts.

En 2014, quelques mois après son arrivée sur le trône de Saint-Pierre, il avait envoyé une lettre au président américain de l'époque, Barack Obama, et à son homologue cubain, Raul Castro pour rapprocher les deux pays, ennemis jurés depuis le 7 février 1962 et l'entrée en vigueur de l'embargo strict décidé par les Etats-Unis face au régime castriste.

Le pontificat de François marqué par la multiplication des guerres

Cette initiative s'était soldée par une victoire, puisque après une rencontre entre les émissaires des deux pays au Vatican, sous l'égide du cardinal secrétaire d'Etat Pietro Parolin, l'administration américaine avait assoupli ses mesures coercitives sur Cuba. François s'était rendu ensuite à la rencontre de Fidel Castro avant de visiter la Maison Blanche.

Mais au grand désarroi du pape François, son pontificat aura été marqué par la multiplication des guerres sur tous les continents, alors qu'il profitait de ses voyages, notamment en Bosnie, en Centrafrique, en Birmanie ou encore en Irak, pour rappeler l'importance de la réconciliation entre les peuples.

La guerre en Ukraine, initiée dès 2014 dans le Donbass, mais étendue à l’ensemble du pays à partir de l’offensive russe de février 2022, a particulièrement mobilisé le souverain pontife, qui a multiplié les appels en faveur de «l’Ukraine martyrisée».

Des tentatives de médiation sans succès

Son espoir de se rendre dans les deux pays et d’assumer une médiation s’est révélé vain, et ses larmes d’impuissance lors de la prière mariale du 8 décembre 2022 ont marqué les esprits.

La rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en marge de ses obsèques peut tout de même nuancer ce sentiment d’échec en montrant que le Vatican demeure une précieuse plate-forme de contacts.

Un soutien très fort à la paroisse de Gaza

Le conflit au Proche-Orient, provoqué par l’offensive du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, puis marquée par des bombardements israéliens massifs sur l'enclave palestinienne qui ont provoqué des milliers de morts, a également marqué la fin du pontificat.

«En appelant chaque soir la paroisse de Gaza, même quand il était hospitalisé et limité dans sa capacité à parler, le pape a fait preuve de courage et il a contribué à sauver des centaines de vies», assure un cardinal.

«En raison de l’attention médiatique que ses appels ont suscité, cette paroisse a été l’un des seuls lieux que les Israéliens n’ont pas osé bombarder», a-t-il estimé, rendant hommage à l’attention du pape pour ce «petit troupeau».

«Nous ne sommes pas nés pour tuer»

«Je pense à tant de pays qui sont en guerre», avait déclaré François lors d'une audience générale en février dernier. «Frères, sœurs, prions pour la paix, faisons tout notre possible pour la paix. N'oubliez pas que la guerre est toujours une défaite».

«Nous ne sommes pas nés pour tuer, mais pour élever les peuples, pour que les chemins de la paix soient trouvés. Dans votre prière quotidienne, demandez la paix», a lancé le Saint-Père.

Néanmoins, la voix du pape n’a pas empêché les guerres de se poursuivre. Plus largement, au regard des évolutions géopolitiques globales, le monde de 2025 s’annonce de plus en plus fracturé.

Léon XIV devra composer avec la montée en puissance de différents courants populistes et l’influence grandissante de régimes autoritaires mettant parfois leurs voisins en danger.

Il pourra malgré tout s'appuyer sur l'un des réseaux diplomatiques les plus vastes, avec plus de 180 ambassades disséminées aux quatre coins du globe.

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