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Nayib Bukele, autoproclamé «dictateur cool», peut désormais se présenter indéfiniment à l'élection présidentielle

À la tête du Salvador depuis le 1er juin 2019, Nayib Bukele peut désormais se présenter à l'élection présidentielle sans aucune limite. [Marvin Recinos / AFP]

Jeudi 31 juillet, les députés salvadoriens ont adopté une réforme constitutionnelle abolissant la limite du nombre de mandats du chef de l'Etat, permettant ainsi au président Nayib Bukele de se représenter autant de fois qu'il le souhaite.

Nayib Bukele renforce sa mainmise sur le Salvador. La majorité parlementaire de l'actuel président du petit pays d'Amérique centrale, situé entre le Guatemala et le Honduras, vient de voter une réforme constitutionnelle qui lui est largement favorable.

Âgé de 44 ans et à la tête de l'Etat depuis le 1er juin 2019, celui qui s'est autoproclamé «dictateur cool» peut désormais se présenter indéfiniment à l'élection présidentielle, sans aucune limite. Auparavant, la constitution salvadorienne ne permettait pas à un président sortant de se déclarer candidat.

Un contrôle sur toutes les institutions du pays

Cette réforme, examinée selon une procédure accélérée, a été adoptée par les 57 députés pro-Bukele, les trois seuls élus d'opposition ayant voté contre. Elle prévoit aussi l'abolition du second tour de scrutin, et l'allongement du mandat présidentiel de cinq à six ans.

Les parlementaires ont ratifié la réforme dans la foulée, lors d'une session de nuit, alors que des feux d'artifice étaient tirés depuis le centre de la capitale San Salvador.

Élu une première fois en 2019, Nayib Bukele avait été réélu en juin 2024 avec 85% des voix après avoir été autorisé à briguer un second mandat en démissionnant de son poste pendant quelques mois, grâce à une décision rendue par la Cour suprême dominée par des juges proches du pouvoir.

Les députés pro-Bukele se défendent

«C'est très simple, peuple salvadorien. Vous seuls pourrez décider jusqu'à quand vous soutiendrez votre président», a déclaré la députée pro-Bukele Ana Figueroa, qui a présenté mercredi ce projet qu'elle a qualifié d'«historique».

«Aujourd'hui, la démocratie est morte au Salvador [...]. Ils ont fait tomber les masques», a déploré pour sa part en séance plénière la députée de l'opposition Marcela Villatoro, qui a critiqué le dépôt soudain de ce projet de réforme devant les députés alors que le pays entame une semaine de vacances d'été.

La réforme constitutionnelle intervient après une vague de répression contre les défenseurs des droits humains et les détracteurs de Nayib Bukele, qui a contraint des dizaines de journalistes et d'activistes humanitaires à l'exil.

«Le parti de Bukele promeut une réforme constitutionnelle express afin de permettre la réélection présidentielle indéfinie. Ils suivent la même voie que le Venezuela. Cela commence par un leader qui utilise sa popularité pour concentrer le pouvoir, et cela se termine par une dictature», a écrit Juanita Goebertus, directrice de Human Rights Watch (HRW), sur le réseau social X.

«A aucun moment nous ne proposons qu'un seul président reste en fonction et qu'il n'y ait plus jamais d'élections dans ce pays. Ce n'est pas vrai», s'est défendue pour sa part la députée du parti au pouvoir Suecy Callejas lors de la séance plénière du Parlement.

«Je me fiche d'être taxé de dictateur. Je préfère être traité de dictateur que de voir des Salvadoriens se faire tuer dans les rues», avait déclaré en juin Nayib Bukele lors du premier anniversaire de sa réélection.

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