Les États-Unis ont envoyé des navires de guerre en mer des Caraïbes, pour une opération anti-drogue voulue par Donald Trump. Une action que le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil Pinto, a qualifié d'«abjecte, excentrique et immorale».
Le ton monte entre le Venezuela et les États-Unis. Ces derniers ont envoyé des navires de guerre en mer des Caraïbes dans le cadre d'une opération anti-drogue. C'en est trop pour le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, qui a dénoncé vendredi à la tribune de l'ONU une «menace» militaire américaine «abjecte, excentrique et immorale».
«Aujourd'hui, des mensonges inconvenants et pervers sont utilisés contre nous, auxquels personne ne croit (...), invoqués pour justifier une menace militaire d'un milliard de dollars, abjecte, excentrique et immorale», a déclaré Yvan Gil Pinto, représentant son pays à l'Assemblée générale de l'ONU.
Il a salué «les gouvernements et les peuples du monde qui s'élèvent contre cette tentative d'apporter la guerre dans les Caraïbes et l'Amérique du Sud pour provoquer un changement de régime qui permettrait à des forces extérieures de voler les ressources immenses en pétrole et en gaz du Venezuela», assurant que son pays n'est «une menace» pour personne.
Une guerre des nerfs entre les États-Unis et le Venezuela
Les États-Unis ont déployé il y a près d'un mois huit navires et un sous-marin dans la mer des Caraïbes et ont affirmé qu'au moins trois embarcations de présumés trafiquants de drogue en provenance du Venezuela ont été détruites, tuant 14 personnes.
Ils ont refusé l'invitation au dialogue du président vénézuélien Nicolas Maduro qu'ils accusent d'être à la tête d'un cartel de trafic de drogues, malgré les dénégations de ce dernier, qui assure que Washington cherche à l'évincer du pouvoir et à mettre la main sur le pétrole vénézuélien.
Plus globalement, les deux pays s'écharpent sur différents sujets depuis plusieurs semaines. Il y a quelques jours, le président américain menaçait son homologue vénézuélien de conséquences «incalculables», si le pays refusait de récupérer ses migrants clandestins.