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Californie : les images impressionnantes du quartier de Pacific Palisades, un an après le terrible incendie

En novembre dernier, les autorités américaines annonçaient l’arrestation d’un suspect dans l’enquête sur les incendies meurtriers de Los Angeles. [© JOSH EDELSON / AFP]

Un an après avoir vu les flammes ravager certains secteurs de la ville de Los Angeles, le quartier de Pacific Palisades, banlieue cossue qui surplombe les montagnes, a des airs de district fantôme.

Les places de parking sont vides et les chantiers interrompus. Plus d’un an après les incendies de Los Angeles qui ont fait 31 morts, le quartier de Pacific Palisades, où 12 victimes ont été recensées, est un trou de cendre dans un écrin de verdure. Dans la nuit du Nouvel An 2025, un incendie s’était déclenché dans les montagnes surplombant ce quartier huppé. Si les pompiers de l’État de Californie croyaient l’avoir éteint, il s’est ravivé le 7 janvier pour dévaster plus de 14.500 hectares, soit une superficie équivalente à celle de la ville de San Francisco

Vue aérienne des maisons en cours de reconstruction à Pacific Palisades, en Californie. © MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA via AFP

Pendant vingt-quatre jours, entre le 7 et le 31 janvier 2025, des rafales de vent de 160 km/h, dignes d’un ouragan, ont propagé le feu avec une vitesse folle, dévastant plus de 16.000 bâtiments. Et au cœur des flammes couvait un désastre invisible : celui de la pollution provoquée par la combustion de tant de constructions, voitures, télévisions et autres objets plastiques. La fumée toxique s’est infiltrée à travers les bouches d’aération. 

la toxicité de l'atmosphère menace la santé des habitants

En septembre dernier, Karen Girard, habitante de la banlieue d’Altadena, à Los Angeles, dont la propriété avait été épargnée par les incendies, indiquait à l’AFP qu’elle n’avait toujours pas pu réaménager chez elle, neuf mois après le drame. La fumée toxique a imprégné les murs, les parquet et les meubles. Sa maison est infestée de métaux lourds, notamment du plomb, de l’arsenic ou du zinc et de substances volatiles toxiques, parfois cancérigènes, comme du cyanure et du furfural. 

«J’ai réalisé que même si la maison est encore là, je risque de la perdre», déplorait la designer de 58 ans, obligée de porter un masque à chaque fois qu’elle retourne chez elle.

«La toxicité potentielle du mélange dégagé par ces incendies est probablement beaucoup plus importante que celle des autres grands incendies que nous avons connus aux États-Unis, car ils n’ont pas touché autant de structures urbaines», a alerté Michael Jerrett, professeur de sciences environnementales à l’université UCLA.

Deux mois après de l'incendie de Pacific Palisades, en Californie (haut) - Un an après l'incendie (bas). © MARIO TAMA / GETTY IMAGES NOTH AMERICA via AFP

Au printemps dernier, son équipe a trouvé une forme cancérigène du chrome dans l’atmosphère des communautés incendiées, qui justifie «une vigilance» accrue des autorités. Des nanoparticules «tellement petites qu’elles peuvent entrer dans les intérieurs avec une grande efficacité», qui ont pu être transportées jusqu’à 10 km des zones sinistrées, affectant potentiellement des dizaines de milliers de personnes, selon Michael Jerrett. 

«Il est vraiment important que les habitants qui veulent revenir dans leurs maisons les fassent assainir correctement», a averti le professeur de sciences environnementales. Mais la prise en charge par les assurances de cette procédure prohibitive s’avère extrêmement compliquée. 

Si l’État de Californie est menacé par le changement climatique, ses habitants ne veulent pas fuir. En mai dernier, la Californie lançait en mai une task force afin d’imposer aux assurances des règles claires pour indemniser les dommages causés par la fumée. Premier assureur de l’État, State Farm soulignait en septembre avoir «versé plus de 4,5 milliards de dollars» aux victimes des incendies de janvier 2025, précisant «évaluer chaque demande d’indemnisation, y compris celles liées à la fumée, au cas par cas». 

la politique isolationniste américaine contraint les travaux

À Pacific Palisades, au milieu de ce qui ressemble à un champ de bataille, certains se sont lancés dans un véritable parcours du combattant : celui de reconstruire. Ted Korner a été parmi les tout premiers à emménager dans un pavillon flambant neuf de la banlieue de Los Angeles. Pour cela, le patron d’une entreprise de sécurité de 67 ans a dû avancer plusieurs centaines de milliers de dollars de sa poche. En effet, pendant des mois, le gestionnaire de son prêt immobilier a refusé de débloquer les indemnisations versées par son assurance. 

Des terrains vagues et une nouvelle maison en construction à Pacific Palisades, en Californie. © JOESH EDELSON / AFP

Le sexagénaire a notamment dû composer avec les incertitudes créées par la politique isolationniste du gouvernement de Donald Trump. Droits de douane sur l’acier, le bois ou encore le ciment, des matériaux souvent importés, ont renchéri les coûts de construction du pavillon de Ted Jorner. Et les ouvriers latinos, traqués par la police de l’immigration américaine (ICE), redoutent d’être arrêtés. 

«Si ICE interpelle les équipes de construction et que Donald Trump nous impose ça en plus des droits de douane, nous ne parviendrons jamais à reconstruire cette ville», a pesté le patron d’une entreprise de sécurité.

Mais si nombre d’entre eux étaient couverts par l’assurance étatique de dernier recours, leurs indemnisations sont trop maigres pour reconstruire des maisons qui dépassent fréquemment le million de dollars. Nombreux sont ceux qui comptent donc sur l’issue financière des poursuites intentées contre Southern California Edison, l’entreprise propriétaire de la ligne électrique défectueuse soupçonnée d’avoir déclenché l’incendie ayant détruit la localité d’Altadena.

Un suspect identifié sur le tard

En octobre dernier, les autorités américaines annonçaient l’arrestation d’un suspect dans l’enquête sur les incendies meurtriers de Los Angeles. Il s’agit de Jonathan Rinderknetch, chauffeur Uber de 29 ans, soupçonné d’avoir provoqué les flammes qui ont ravagé le quartier de Pacific Palisades. Ancien habitant du quartier, il aurait déposé des clients dans la zone avant que ne démarrent les flammes

Les données de géolocalisation récoltées par les enquêteurs montrent qu’il se trouvait à environ 10 m de l’incendie, lorsqu’il a lui-même tenté d’appeler les secours pour signaler le feu. 

Dans les semaines avant l’incendie, le suspect a notamment généré une image de ville en feu à l’aide d’une intelligence artificielle. Quelques heures avant l’incendie, il a écouté à plusieurs reprises le titres «Un zder, un thé» du rappeur français Josman, dont le clip montre l’artiste mettant le feu à une poubelle. Des éléments qui n’ont cependant pas permis aux autorités d’avancer un mobile concernant le passage à l’acte du suspect. 

Pour l’heure, les habitants redoublent d'efforts pour tenter de préserver l’âme des quartiers dévastés par les flammes. Mais pour de tels chantiers, il ne suffit pas que de bonne volonté.

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